Auteur : Frédérick d' Onaglia
Date de saisie : 12/03/2007
Genre : Romans et nouvelles - français
Editeur : Belfond, Paris, France
Collection : Romans français
Prix : 19.00 € / 124.63 F
ISBN : 978-2-7144-4319-9
GENCOD : 9782714443199
D'Avignon aux rivages de la Riviera, cette saga palpitante retrace les destins croisés de deux familles, entre 1911 et 1948. Amour, secrets, vengeance et trahison se mêlent dans une époque pleine d'espoirs et de changements.
Anéanti par le décès de son fils aîné, Virgile Bastide, veuf et propriétaire d'une manufacture d'impression sur coton avignonnaise, reporte son attention sur ses autres enfants, Apolline et Martial, et se rapproche de son ami Nathanaël Braunstein, un banquier juif installé sur la Riviera. Son regard va croiser celui de Tatiana, une aristocrate russe de trente ans sa cadette, qui a fui la révolution bolchevique avec sa famille. Ensemble, ils vont connaître le grand amour, et Virgile redécouvre les joies de la paternité avec la naissance de leur fils Alexis.
De son côté, Apolline vit un mariage dénué de passion avec un aviateur anglais, cherchant à oublier Benjamin, le fils de Nathanaël, dont elle est amoureuse depuis toujours. Dépité, celui-ci se réfugie dans le travail et crée un studio de cinéma sur la Côte d'Azur. Quant à Martial, jaloux et avide de pouvoir, il se sert de chaque opportunité pour écraser tous ses proches. Emporté dans la tourmente de l'Histoire, parviendra-t-il à ses fins ? L'honneur des Bastide sera-t-il sauf ?
Amoureux de la Provence, où il séjourne régulièrement, Frederick d'Onaglia vit à Lyon, sa ville natale. Depuis Le Secret des cépages (finaliste du prix Carrefour-Savoirs 2004 et lauréat du prix Lion's Club International 2005) puis de L'Invitée de Fontenay jusqu'à L'Héritière des Montauban, ses romans, tous parus chez Belfond, ont su conquérir un public toujours plus large.
Avignon, 1911
Virgile Bastide aurait souhaité changer le cours du destin. Il espérait un miracle capable de mettre fin à son supplice. Cette situation, il la connaissait bien pour l'avoir endurée quinze ans plus tôt, lors du décès d'Eugénie, son épouse bien-aimée.
- Seigneur, supplia-t-il de toutes ses forces. Prenez ma vie si Vous le désirez, mais par pitié, épargnez celle de mon fils.
Ses doigts se crispèrent davantage à cette pensée. Sa seule foi suffirait-elle à lui faire admettre l'inacceptable ? Comme tous les hommes nés sous le Second Empire, Virgile respectait profondément la religion, plus par tradition d'ailleurs que par conviction. Ici, en Avignon, la ferveur des Provençaux s'exprimait sous les voûtes de la cathédrale avec le traditionnel cantique Sui Catholi y Provençu. Malgré la promulgation de la séparation de l'Église et de l'Etat six ans plus tôt, la cité papale maintenait son héritage spirituel intact, se moquant du souffle de laïcité venu du nord.
Et pourtant...
Cet après-midi-là, Virgile se sentait abandonné, vieux et impuissant. Dans la chambre voisine, le sort de son fils reposait entièrement entre les mains du docteur Keller, un Alsacien au visage impassible. Virgile détestait les hommes de science. Sous prétexte de sortir le monde de l'obscurantisme, ils expérimentaient de nouvelles méthodes à la recherche du remède miracle et prétendaient se substituer à la Volonté divine. Par la faute de ces apprentis sorciers, Eugénie avait été emportée par la tuberculose. Elle n'avait pas quarante ans... À vrai dire, le siècle entier semblait s'étourdir dans l'ivresse de la connaissance, de la performance ou de la nouveauté. Un certain docteur Freud explorait même l'inconscient et interprétait les rêves ! À quoi bon disséquer la magie d'un songe ? Décidément, ses contemporains étaient devenus fous. Lui appartenait déjà à un autre temps.
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