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Assurbanipal, roi d'Assyrie

Couverture du livre Assurbanipal, roi d'Assyrie

Auteur : Daniel Arnaud

Date de saisie : 10/03/2007

Genre : Biographies, mémoires, correspondances...

Editeur : Fayard, Paris, France

Collection : Biographies

Prix : 24.00 € / 157.43 F

ISBN : 978-2-213-63146-2

GENCOD : 9782213631462

Sorti le : 01/03/2007


  • La présentation de l'éditeur

Aucun peuple de l'Antiquité n'eut pire réputation que les Assyriens, au I" millénaire avant notre ère. La brutalité de ces conquérants inlassables terrifia le Proche-Orient asiatique. Mais ils étaient aussi bâtisseurs et sculpteurs, aimaient la musique et leurs scribes étaient des maîtres dans l'art d'écrire.
Le long règne d'Assurbanipal (668-630) marque l'apogée de cette civilisation assyrienne. Le monarque maintint la cohérence de l'Empire par la diplomatie et la guerre, tandis qu'il faisait de sa capitale, Ninive, le centre du monde. Là, les artistes à son service produisirent des bas-reliefs, chefs-d'oeuvre de l'art universel, pendant qu'Assurbanipal y rassemblait tout le savoir de son temps.
Ce livre fait pénétrer le lecteur dans l'intimité d'un prince qui appréciait autant l'étude de l'écriture cunéiforme que les exercices du corps, de cet intellectuel devenu homme de pouvoir. Ce monarque au caractère tourmenté - on le voit dans ces pages - fut un administrateur attentif et même tatillon. Il affronta avec une inlassable sagesse virile de vieux problèmes laissés irrésolus par les générations précédentes : la soumission définitive de l'Élam à l'est, la maîtrise de la Babylonie au sud, le contrôle de l'Egypte, la protection de l'Empire contre les nomades d'Anatolie ou les Arabes. Cet ouvrage s'élargit ainsi à tout le Proche-Orient du VIIe siècle, dont il montre les diversités, rassemblées sous le pouvoir d'un seul : Assurbanipal, l'Assyrien.

Daniel Arnaud, ancien élève de l'École normale supérieure, professeur d'Université de la classe exceptionnelle, est directeur d'études à l'École pratique des hautes études (Sorbonne). Historien, épigraphiste, spécialiste du Proche-Orient asiatique ancien, homme de terrain (Iraq et Syrie), il a publié d'importants lots de textes cunéiformes en sumérien, en assyro-babylonien et en dialectes locaux. D'autres de ses travaux portent sur tous les aspects de l'histoire de la région, en particulier sur ses idéologies et ses mentalités. Il a publié, chez Fayard, Nabuchodonosor II, roi de Babylone (2004).



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  • Les premières lignes

Extrait de l'avant-propos :

Les Assyriens ont mauvaise réputation. La Bible se chargea d'apprendre leurs crimes à des générations de juifs et à des générations de chrétiens ; la découverte de leurs textes et de leurs bas-reliefs au cours de notre XIXe siècle ne fit qu'aggraver leur cas : les coupables avouaient et leur complaisance à le faire les rendait encore plus odieux. Ils portaient témoignage contre eux-mêmes et y mettaient une prolixité et un entrain qui surenchérissaient sur le texte saint.
Féroce, cette civilisation serait celle aussi de la bouffissure et du vide : telle est l'impression dont on se sent saisi dans les salles des «Antiquités assyriennes» de nos musées. Le visiteur ne voit là que gigantesques taureaux à tête humaine, au sourire ambigu, presque faux, et toujours inquiétant. Sur leurs trois paires de pattes, ils protègent de leur masse de pierre des espaces où il n'y a rien ou presque rien. Des vitrines où sont disposés quelques petits objets accroissent ce sentiment diffus de vacuité. Le curieux se croit plutôt devant un paysage de la nature que devant des monuments faits pour des hommes, fussent-ils de tout-puissants monarques. Les bas-reliefs sont davantage de "notre goût, mais ce ne sont là que soldats, suppliciés, cadavres en tas, lions à l'agonie ou onagres criblés de flèches. Même à la treille du jardin où le couple royal prend un repos bourgeois pend une tête coupée.
La civilisation de l'Assyrie de la première moitié du Ier millénaire n'était-elle que cela ? Assurément, c'est ainsi que le pouvoir assyrien a voulu se présenter à ses contemporains et à la postérité. Nous ne faisons pas de contresens sur ses intentions : les déclarations écrites les exposaient inlassablement sur argile et sur pierre. L'interprète de notre temps ne saurait contester l'image séculaire et traditionnelle des Assyriens. Elle est vraie. Mais il a la tâche d'aller au-delà. La pensée assyrienne se dérobe facilement : les scribes attendaient de leurs lecteurs une attention soutenue et souvent même une subtilité aux aguets ; peut-être, d'ailleurs, exigèrent-ils trop d'eux et leur firent-ils trop crédit. Vigilance et application permettent de compléter le tableau de la civilisation assyrienne et de l'exposer telle qu'elle fut : quelquefois souriante, souvent agressive et tourmentée, toujours complexe.


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