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Écrits politiques

Couverture du livre Écrits politiques

Auteur : Michel Van Schendel

Préface : Jean-Marc Piotte

Date de saisie : 09/03/2007

Genre : Politique

Editeur : VLB ÉDITEUR, Montréal, Canada

Collection : Les Champs de la culture

Prix : 26.95 € / 176.78 F

ISBN : 978-2-89005-969-6

GENCOD : 9782890059696

Sorti le : 05/02/2007

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  • La présentation de l'éditeur

Tout poète qu'il fût, et parallèlement à ses activités professionnelles de journaliste et de professeur, Michel van Schendel a été intensément engagé dans le siècle. Militant du Parti communiste français, puis militant syndical au Québec, Michel van Schendel a aussi été l'un des animateurs de la revue Socialisme québécois. Même après son retrait de l'action politique, il est plusieurs fois intervenu dans les débats publics. Le présent volume regroupe l'essentiel de ses écrits politiques, étalés sur près de cinquante ans et choisis par l'auteur avant sa mort. Michel van Schendel y défend une perspective originale : que ce soit dans l'interprétation du vote de 1962 en faveur du Ralliement créditiste ou dans l'appréciation de la question nationale, il adopte des positions qui se démarquent des idées reçues de la gauche québécoise. Ainsi poursuit-il «sa lutte pour la dignité du peuple, contre le capitalisme sauvage et l'arbitraire patronal», selon les termes de Jean-Marc Piotte qui signe la préface.

Michel van Schendel (1929-2005) est l'un des poètes de la génération de l'Hexagone. Né en France, établi au Québec en 1952, il a été tour à tour rédacteur pour le cinéma et la télévision, journaliste économique au Nouveau Journal et à La Presse, professeur de littérature à l'Université du Québec à Montréal, dont il a été l'un des fondateurs. Michel van Schendel a obtenu le prix Athanase-David en 2003.





  • Les premières lignes

L'espèce de conscience qu'il fallait

Le moment n'est pas de se draper dans une dignité à la fois lucide et misanthrope et de déclarer que les dernières élections fédérales font la preuve de l'inexistence de la démocratie au Canada. Car si l'on veut prendre les choses de haut, qu'au moins on les prenne de très haut et sur une longue période. Il y a beau temps que rien ne va plus. La parodie de démocratie fait partie du système dans lequel nous vivons, elle en est l'un des attributs permanents. L'obligation où se sont trouvés les gouvernements fédéraux successifs depuis au moins la fin de la guerre de masquer à l'électorat les véritables problèmes économico-politiques auxquels le pays doit faire face et qui sont l'expression d'une dépendance semi-coloniale sut generis aux Etats-Unis entraîne d'une façon toute particulière au Canada la nécessité de donner le pas aux formalités de la démocratie traditionnelle sur son contenu progressivement appauvri. Je dirais même que le formalisme obligé de la sorte de démocratie qui nous est imposée est devenu depuis vingt ans l'un des principaux moyens mis en oeuvre pour alourdir l'aliénation collective des Canadiens, les empêcher de voir qu'ils vivent dans un machin truqué dont ce formalisme lui-même est tout à la fois l'image et la clé.
Si l'on veut faire le procès de la démocratie, qu'on le fasse donc par rapport à toute l'évolution historique récente, celle qui a le plus compté dans l'histoire du Canada puisque c'est elle (plus que l'acte de la Confédération de 1867 et l'ancienne sujétion économique à la Grande-Bretagne) qui a déterminé tant la nature politique des relations fédérales-provinciales que la position dominée du Canada dans le monde occidental.


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