Auteur : Jacques Lazure
Date de saisie : 09/03/2007
Genre : Romans et nouvelles - français
Editeur : VLB ÉDITEUR, Montréal, Canada
Collection : Fictions
Prix : 17.95 € / 117.74 F
ISBN : 978-2-89005-968-9
GENCOD : 9782890059689
Sorti le : 22/01/2007
Jacques Lazure livre ici des histoires sombres dans lesquelles un suspense omniprésent provoque le malaise, et à chacune il a réservé une chute qui réussit souvent à couper le souffle du lecteur.
À la manière d'un chirurgien maniant le scalpel, l'auteur a ciselé des textes qui posent plus de questions qu'ils n'apportent de réponses, et qui, tout en évoquant la mort, ne manquent pas d'humour ni d'espoir. Tournant autour de plusieurs thèmes dont celui, récurrent, de l'écrivain et de son lecteur, Lazure se demande s'il peut y avoir là objet de guérison...
Jacques Lazure, scénariste, romancier, auteur de livres jeunesse et nouvelliste, publie ici son dixième ouvrage. Il s'agit de son deuxième recueil de nouvelles.
Le risque du désert
François fixait la sacoche bleue, ternie par le soleil, sur la civière de la morgue. C'était bien la sacoche de Caroline, il se souvenait la lui avoir offerte en cadeau. Il fut pourtant incapable d'avouer tout de suite qu'il la reconnaissait. L'inspecteur, planté devant lui, l'intimidait. François sentit la sacoche lui brûler les yeux. Alors il détourna le regard. Il remarqua, derrière, le grand tiroir de la morgue sur lequel était inscrit le nom de Caroline. Il consentit à dire que c'était bien la sacoche de Caroline, son ex-conjointe, mais les paroles de l'inspecteur, par la suite, lui parurent lointaines, étrangères : «On l'a retrouvée en plein désert du Sahara. Elle contenait quarante rouleaux de pellicule, soit environ mille quatre cents photographies.»
François se montra surpris, pour la forme, mais il ne voulait pas de détails. Les yeux toujours rivés sur le tiroir, il n'arrivait pas à croire qu'il était à la morgue, qu'on l'avait convoqué pour lui apprendre que Caroline avait disparu depuis trois mois et qu'elle venait d'être retrouvée. Trois mois. Il avait honte. Pourquoi ne s'était-il pas inquiété avant ? Pourquoi n'était-il pas allé à la police signaler sa disparition ? Il ne pouvait pas savoir. Depuis son divorce, qui remontait à cinq ans déjà, il restait parfois sans nouvelles de Caroline pendant cinq, six, sept mois. En fait, la plupart du temps il s'efforçait d'être discret, préférant attendre que Caroline donne signe de vie.
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