Passion du livre - tout sur le livre : Babyji

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Babyji

Couverture du livre Babyji

Auteur : Abha Dawesar

Traducteur : Isabelle Reinharez

Date de saisie : 10/05/2007

Genre : Romans et nouvelles - étranger

Editeur : Ed. Héloïse d'Ormesson, Paris, France

Prix : 22.00 € / 144.31 F

ISBN : 978-2-35087-049-6

GENCOD : 9782350870496

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  • La présentation de l'éditeur

Dehli, années 1990. La violence des castes déchire le pays, les étudiants s'immolent lors de manifestations contre le gouvernement.

Elles sont trois - une lycéenne, une divorcée, une bonne - à graviter autour de Babyji, petite lolita indienne qui, inspirée par ses cours de physique quantique, conjugue la passion du savoir avec le plaisir des sens. Au travers du jeu des possibles entre ces femmes que tout devrait séparer, c'est l'Inde moderne - loin du folklore et des clichés -qui est décodée.

Roman initiatique aux accents érotiques et subversifs, Babyji témoigne de l'émergence d'une nouvelle vague indienne.

Née en 1974 en Inde, à Delhi, Abha Dawesar est diplômée de Harvard.
Elle a travaillé dans la finance à New York avant de se consacrer à l'écriture. Elle vit entre Dehli et Paris et vient d'être élue par India Todaj, le premier magazine du pays, comme l'une des vingt-cinq personnalités de l'année.

Un livre-culte où la jeunesse indienne est dévoilée.





  • La revue de presse Françoise-Marie Santucci - Libération du 10 mai 2007

Abha Dawesar est une jeune Indienne qui vient de publier, dans l'effervescence du récent Salon du livre consacré à l'Inde, un roman intitulé Babyji, qui raconte (entre autres) l'éveil sexuel d'une adolescente de New Delhi, Anamika...
Avec sa charmante crudité, qui en ferait une sorte de Houellebecq des jeunes filles en fleurs (Houellebecq que Dawesar lit en français, ainsi que Duras), Babyji évoque aussi les héroïnes de l'auteur de bandes dessinées américaine Alison Bechdel. Même gaucherie, mêmes questionnements prises de tête, même obsession de la «chose»...
En arrière-plan de ces affaires intimes se dessine le Delhi des années 90, époque à laquelle se situe le roman. Un monde où une jeune fille qui appelle un homme par son prénom, fût-il le père de son meilleur ami, commet un sacrilège ; un monde où il est normal que les domestiques, quand ils sont conviés, et c'est rare, à partager le thé avec la famille, s'asseyent par terre ; un monde où l'arrivée d'une loi instaurant des quotas pour les basses castes provoque des immolations des membres des hautes castes.


  • La revue de presse Raphaëlle Rérolle - Le Monde du 23 mars 2007

Libre" : voilà le mot qu'Abha Dawesar pourrait afficher non seulement au fronton de ses livres, mais à celui de sa vie. Née en 1974, cette jeune Indienne originaire de New Delhi ne tient pas spécialement à enfreindre les règles, pas plus qu'elle ne se cantonne dans une posture agressive. Simplement, elle a décidé une bonne fois pour toutes que son comportement et son écriture ne seraient pas dictés par les interdits et les cloisonnements de la société dont elle est issue. Telle est aussi Anamika, surnommée Babyji, la jeune héroïne de son livre. A travers l'initiation sexuelle (et surtout homosexuelle) de cette adolescente intrépide, Abha Dawesar décrit à la fois son pays et les changements qui le travaillent, derrière son apparent immobilisme...
Son point de vue, comme celui de son héroïne, est toujours à la fois proche, enthousiaste, intense et en même temps distancé. Dans le cas de Babyji, c'est le savoir livresque qui joue le rôle d'un levier. La mécanique quantique ou le principe d'incertitude de Heisenberg sont les éléments qui permettent à la jeune fille d'analyser le monde et de sortir du schéma imposé par la société autour d'elle.



  • Les premières lignes

DÉGRAFER MRS X

Delhi est une ville où tout se passe dans la clandestinité. Une ville où l'horizon disparaît derrière les émissions de microparticules et où les journées sont brûlantes. Une ville sans amour mais avec des tonnes de passion. Comment la passion sans amour peut-elle exister, demandez-vous ? Tout comme le sexe sans vie nocturne. Delhi bouillonne lentement, secrètement. Ce qui en ressort, c'est l'urgence. Dans la Delhi où j'ai grandi, tout arrivait. Des femmes mariées s'amourachaient de jeunes filles pubères, des garçons grimpaient aux tuyaux de descente d'eaux pour frayer avec l'épouse de leur voisin, et des étudiantes suçaient leur prof de sciences au labo. Mais jamais personne n'en parlait.
J'étais innocente, alors, uniquement mue par l'ambition d'accomplir de grandes choses pour mon pays, de grandes choses qui soient en rapport avec la physique. Ma connaissance des réalités de la vie était purement livresque, et convenable de surcroît. Je lisais George Eliot et Emily Brontë, des classiques du dix-neuvième siècle. Ces livres-là n'entraient jamais dans le détail. Pour y remédier, je résolus de lire le Kama Sutra de Vatsyayana. Je dus le faire debout dans le garage à scooters, qui avait été transformé en remise. Je m'y glissais, avec une lampe de poche, dès que mes parents étaient endormis. Le Kama Sutra dont je me suis gavée paraissait appartenir à un tout autre monde, un monde étranger et absurde. Mais quand j'eus fini de le lire, des événements magiques commencèrent à se produire. Je fis, en particulier, la connaissance d'une femme. Notre première rencontre eut lieu dans mon école. Elle était venue assister à la réunion de parents d'élèves. J'étais le Premier préfet.
- Où sont les professeurs de la classe I ? demanda-t-elle.
- Dans le bâtiment Pouchkine, madame.
J'étais impressionnable, à cet âge-là. J'avais lu La Citadelle de A.J. Cronin, qui décrivait l'héroïne sous les traits d'une femme par­ticulièrement belle. J'imaginai un moment que c'était elle.
- Je vais vous y conduire, madame.
- Comment t'appelles-tu ?
- Anamika.
- J'aime bien ta cravate.
- Oh.
Je tirai sur le machin en polyester et le tripotai tout en marchant, soudain consciente de l'image ridicule que je devais donner dans mon uniforme, avec ses chaussettes rouges et ses manches courtes.


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