Passion du livre - tout sur le livre : Le malaise

Recherche

Recherche simple
Recherche multi-critères

Le malaise

Couverture du livre Le malaise

Auteur : Laoniu

Traducteur : Angel Pino | Isabelle Rabut

Date de saisie : 09/03/2007

Genre : Romans et nouvelles - étranger

Editeur : Bleu de Chine, Paris, France

Prix : 19.00 € / 124.63 F

ISBN : 978-2-84931-028-1

GENCOD : 9782849310281


  • La présentation de l'éditeur

Le malaise qui prête son titre au livre résume le sentiment du narrateur au contact de ses semblables. Portrait d'humeur de la Chine d'aujourd'hui, satire pure, exercice de défoulement, où chacun en prend pour son grade. Le jeune héros, Yitong, juste diplômé d'anglais de l'université la plus prestigieuse de Chine, - Beida, l'université de Pékin - commence pour son premier emploi à travailler dans un ministère où tasses de thé, lecture de journaux et petites vacheries des collègues dominent cet univers. Dans cette typique danwei chinoise, les interprètes d'anglais ne connaissent pas la langue de Shakespeare et ne supportent pas que l'un de leurs collègues, surtout plus jeune, soit plus compétent qu'eux. Dès lors, Yitong a l'impression de mener une existence sans soleil qui pour lui est le support de la vie, et il découvre l'hypocrisie qui, en fin de compte, régit la société.
Avec la sagacité d'un moraliste et la distance que lui confère sa connaissance de l'étranger, Laoniu épingle les travers de ses compatriotes.

Né en 1966 à Pékin, Laoniu est le pseudonyme d'un jeune écrivain diplômé du département de littérature française de l'Université de Pékin en 1989. Pentium III son second roman est paru en Chine en poche, 2002.



logo fnacCommander ce livre sur Fnac.com



  • Le message de l'auteur

Laoniu - 04/06/2007



  • Les premières lignes

YITONG

C'était un été sans soleil.
Mais cela n'avait aucune incidence sur nos existences. Dans la ville transformée en une gigantesque malle en bois de camphrier moisie, les gens continuaient à mener leur vie trépidante ou oisive et personne ne songeait à lever la tête pour regarder le ciel. Chacun avait oublié qu'à la place de cette immense toile noire pesante, humide et étouffante qui s'étendait d'un bout à l'autre du ciel il y avait eu naguère un disque étincelant.
De là où j'étais assis, j'apercevais seulement le carré de ciel qui se découpait par la fenêtre et que les feuilles de peuplier emmêlées divisaient en une multitude de fragments. Avais-je jamais vu le ciel dans son entier ? J'arrivais malgré moi à en douter.
Je m'efforçais de me rappeler la couleur du ciel et l'aspect du soleil.
Je me souvenais du soleil à Yesanpo, c'était le plus ardent que j'eusse connu de toute ma vie. Ma peau, cuite et recuite, avait desquamé comme celle d'un serpent et mes bras n'étaient plus qu'une mosaïque de taches blanches et brunes. Par la suite, plus jamais je n'avais été rôti de la sorte. En ville, les rayons du soleil, tenus en respect par les gaz d'échappement des voitures, stagnent au-dessus des bâtiments : ayant perdu leur agressivité de fauves en liberté, ils deviennent aussi inoffensifs et aussi disciplinés que les mots alignés dans un livre. Ils n'ont plus d'autre fonction, alors, que de nous éclairer, et encore arrive-t-on aisément à se passer d'eux. Depuis qu'un étranger astucieux a inventé l'électricité, notre monde est entré dans l'ère de l'indistinction entre le jour et la nuit. Peu à peu on a commencé à mépriser ce soleil que vénéraient nos ancêtres. Que dis-je ? on s'est mis à haïr cet odieux globe lumineux qui rend nos étés si torrides.


Copyright : Studio 108 2004-2008 - Informations légales - Vous êtes éditeur ?
Programmation : Olf Software - Infographie, XHTML/CSS : Gravelet Multimédia - Graphisme : Richard Paoli