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Shoot again

Couverture du livre Shoot again

Auteur : Vincent Bernière

Date de saisie : 02/05/2007

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : Ed. du Panama, Paris, France

Prix : 14.00 € / 91.83 F

ISBN : 978-2-7557-0116-6

GENCOD : 9782755701166

Sorti le : 01/03/2007

en vente sur logo Alapage.com


  • La présentation de l'éditeur

Les années 1980.
Vincent écoute de la musique, à fond tout le temps.
Il zone.
Joue au flipper.
Parle peu, dit rien.
Il plonge.
Descente mécanique, inéluctable.
En attendant le prochain shoot.

Vincent Bernière est né en 1969 à Paris, et a grandi en banlieue ouest. Il est aujourd'hui reporter à Technikart, producteur à France Culture, éditeur de bandes dessinées. Shoot again est son premier livre, un roman en forme d'autofiction.





  • La revue de presse Laure Garcia - Le Nouvel Observateur du 3 mai 2007

L'autofiction est radicale : aucun prénom n'est changé, pas même celui de Vincent, même si le «je» n'apparaît qu'à la page 116. Cliniques et froides, les descriptions même les plus sordides ne laissent jamais de place au pathos. L'écriture est rapide, légère, le découpage efficace, l'atmosphère juste. Plus qu'un récit sur l'addiction, ce roman a le parfum des années 1980 : pas dans sa version golden boys, mais dans la veine génération perdue.



  • Les premières lignes

Coincé entre deux feuilles de marronnier d'Inde, un gendarme des bois rouge et noir zigzague en terrain boueux. Il fait froid, c'est l'aube, quelques engoulevents s'égosillent dans les broussailles. Une vague lueur bleu électrique perce à travers les branches et un type, les bras en croix et le ventre à l'air, repose au milieu d'une flaque d'eau. Son blue-jean, les poches retournées, tient difficilement à l'aide d'une ceinture de cuir marquée par des traces de crocs. Certaines coutures intérieures, au niveau du bassin, ont été volontairement décousues. Il porte un T-shirt blanc avec un transfert noir délavé qui laisse apparaître la sculpture antique d'une représentation mortuaire : une femme drapée veille près d'une stèle surélevée. Un genre de liquide noir plus ou moins sec sort de son oreille droite. Son corps est couvert de contusions. Il parvient tout de même à se relever. Une pesante humidité enveloppe l'atmosphère de sorte que, par endroits, le sol semble une espèce de bouillasse. Au loin, une pente s'établit dans un chemin creux. Le type décide de s'y rendre, évoluant péniblement sur le terrain meuble. Son ventre, ses cuisses et ses bras lui font un mal de chien. Parfois, des joncs retors lui cinglent le visage mais, à mesure que ses yeux s'habituent à l'obscurité, il commence à appréhender le sol de façon satisfaisante. De la boue, quelques flaques d'eau et, çà et là, des îlots de terre glaise où il peut prendre pied. Un chevreuil bondit entre les arbres. Il vomit sur ses mocassins en cuir.


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