Auteur : Monia Haddaoui
Date de saisie : 09/03/2007
Genre : Société Problèmes et services sociaux
Editeur : Des femmes-Antoinette Fouque, Paris, France
Prix : 9.00 € / 59.04 F
ISBN : 2-7210-0542-1
GENCOD : 9782721005427
«Ma fille n'avait pas été giflée. Ma fille avait été LAPIDÉE. Des centaines de questions se bousculaient dans ma tête. Et entre autres celle-ci : comment était-il possible qu'une fille soit lapidée à Marseille, en France, pays des droits de l'homme ? C'était tout simplement intolérable. Malgré le traumatisme, malgré la douleur, dès ma visite à la morgue, mon deuil s'est mué en combat. L'heure n'était pas aux pleurs, il fallait comprendre. Pour cela, il fallait chercher les informations dans la rue, au plus proche des tortionnaires de ma fille. Une enquête qui a porté ses fruits... Alors je me suis préparée : je me suis habillée, je me suis maquillée, et je suis partie au combat.»
M.H.
Monia Haddaoui est la mère de Ghofrane, une jeune femme de vingt-trois ans lapidée en octobre 2004 à Marseille. Le procès des meurtriers présumés aura lieu en avril 2007 aux Assises d'Aix-en-Provence.
Un cauchemar
Le mercredi 20 octobre 2004, dans la matinée, j'avais quitté Marseille et j'étais sur l'autoroute à destination de La Seyne-sur-Mer. Je m'apprêtais à rejoindre le bar dont j'avais la gérance, et ce trajet m'était familier. Cependant, j'étais nerveuse. Ma fille Ghofrane, âgée de vingt-trois ans, n'était pas rentrée à la maison depuis le dimanche 17 octobre. Elle était sortie le soir, à 22 h 15, après avoir reçu un appel téléphonique, et elle n'était pas rentrée. Elle n'avait encore jamais découché sans me dire exactement où elle se trouvait.
Le matin, nous avions lu dans La Provence que deux cadavres avaient été retrouvés à Marseille : celui d'un jeune homme dans le parc de Font Obscure, dans le XIXe arrondissement, et celui d'une fille de vingt-cinq ans près du centre commercial Grand Littoral, dans le XVIe arrondissement. Mais nous n'en savions pas plus.
Le coeur d'une mère sent bien des choses : je flairai le drame.
C'est sur cette autoroute que j'ai reçu un SMS de ma fille cadette, Iman. Il disait : «Il y a la police à la maison.» Je me suis garée et je l'ai appelée. Elle m'a appris que Ghofrane était à l'hôpital de la Timone. Elle avait été «giflée». J'ai voulu parler aux policiers de la brigade criminelle et je leur ai demandé d'attendre que des voisins viennent auprès de mes enfants avant de les laisser. J'entendais des cris en bruit de fond.
Le commandant de police avait de son côté contacté mon fils aîné Naoufel, qui travaillait à Aubagne, et lui avait dit de rentrer immédiatement. Quand ce dernier lui avait demandé la raison de son appel, le commandant avait parlé d'un «incident grave» arrivé à la famille. Naoufel insistant, le commandant avait fini par lui annoncer : «Votre soeur a été assassinée». De leur côté, les policiers qui s'étaient rendus chez nous avaient quitté l'appartement en présentant leurs condoléances à mes filles... Il n'y avait plus de doute possible : une tragédie venait de s'abattre sur notre famille.
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