Passion du livre - tout sur le livre : Le conte en ses paroles : la figuration de l'oralité dans le conte merveilleux du classicisme aux Lumières

Recherche

Recherche simple
Recherche multi-critères

Le conte en ses paroles : la figuration de l'oralité dans le conte merveilleux du classicisme aux Lumières

Couverture du livre Le conte en ses paroles : la figuration de l'oralité dans le conte merveilleux du classicisme aux Lumières

Auteur : Anne Defrance | Jean-François Perrin

Préface : Jean-François Perrin

Date de saisie : 03/03/2007

Genre : Sciences humaines et sociales

Editeur : Desjonquères, Paris, France

Collection : L'esprit des lettres

Prix : 32.00 € / 209.91 F

ISBN : 978-2-84321-091-4

GENCOD : 9782843210914

Sorti le : 15/02/2007

en vente sur logo Alapage.com


  • La présentation de l'éditeur

«Il faut donner à son discours le tour libre des conversations», écrivait un contemporain de Louis XIV : comme genre littéraire, le conte merveilleux prit naissance en un temps où écrire comme on parle était la règle et où lire à voix haute était pratique courante. Écrire des contes de fées, ce fut imposer des fictions de voix enchantées à une culture romanesque férue de vraisemblance, adapter à la mondanité les rituels de parole du conte oriental, mais aussi partager avec l'opéra le champ du merveilleux et engager un dialogue fécond avec le théâtre : ainsi ceux qu'on appelait alors les Modernes inventaient-t-ils un art d'énoncer l'étrangeté du monde et des êtres en simulant des voix de jadis ou d'ailleurs.
Notre époque où l'oralité est à la mode et où revivent les pratiques conteuses, nous invite à envisager ces questions en considérant les intentions esthétiques de ces oeuvres littéraires que furent les contes merveilleux des XVIIe et XVIIIe siècles.

Jean-François Perrin est professeur de littérature française à l'université Stendhal-Grenoble 3, membre de l'UMR LIRE CNRS 5611 (pôle grenoblois) et directeur de la revue Féeries. Ses recherches portent principalement sur le conte merveilleux du XVIIIe siècle et sur l'oeuvre de Jean-Jacques Rousseau.

Anne Defrance est maître de conférences en littérature française à l'université Michel de Montaigne (Bordeaux 3), membre de l'UMR LIRE 5611 (pôle grenoblois) et du comité de rédaction de la revue Féeries. Ses travaux de recherche portent essentiellement sur le conte des XVIIe et XVIIIe siècles.





  • Les premières lignes

Extrait de la préface de Jean-François Perrin :

Nous présentons dans ce volume les Actes du second colloque de Grenoble consacré au conte merveilleux. Si le précédent explorait les voies d'une poétique expérimentale dans les contes du XVIIIe siècle, la réflexion s'est cette fois concentrée sur une problématique de la parole feinte ou figurée concernant l'ensemble de l'histoire du genre, du XVIIe siècle aux Lumières : «à une époque, écrivions-nous dans notre présentation, où circule couramment la notion de "littérature orale" liée notamment au puissant renouveau de la pratique du conte comme pratique sociale, il paraît nécessaire de réfléchir de façon critique sur cette notion en revenant sur la surdétermination de la parole par l'écriture, sur la capacité spécifique de la littérature à produire des "fictions de présence". Il s'agira donc de travailler sur la dimension de la parole dans le conte merveilleux (conte de fées et conte oriental), selon une perspective résolument littéraire : conditions de production/réception des contes d'auteurs, aspects relevant des problématiques de renonciation, questions touchant l'inscription ou la représentation de l'oralité dans la langue et le style». Nous proposions ainsi d'aborder ces problèmes sous l'angle de la production d'effets esthétiques et non comme réagencement ou dénaturation d'une matière première «populaire» par la littérature «savante» (point de vue des tenants d'une «littérature de voie orale» déjà critiqué avec netteté par Raymonde Robert (1982) comme le rappelle ici Lewis C. Seifert), ou en termes de réécritures de sources (point de vue des tenants d'une filiation purement scripturaire du genre). Notre perspective était autre, comme l'indiquait le sous-titre initial : «le dire et le dit dans le conte mer­veilleux de l'Age classique», qui mettait l'accent sur les problèmes de renonciation en régime littéraire. Parmi une série d'axes de travail liés à cette problématique, nous suggérions ainsi une approche en termes de dialogisme et de polyphonie énonciative, de poétique de la parole et de la voix figurées (idiolectes et sociolectes, jargons, babils, cris et murmures, etc.), mais aussi en termes d'interactivité à l'égard des arts du discours et des différentes scènes où ils se déploient à cette époque : éloquence profane et sacrée, conversation, théâtre, opéra, chanson, etc.


Copyright : Studio 108 2004-2008 - Informations légales - Vous êtes éditeur ?
Programmation : Olf Software - Infographie, XHTML/CSS : Gravelet Multimédia - Graphisme : Richard Paoli