Auteur : Nicolas d' Estienne d'Orves
Date de saisie : 06/04/2007
Genre : Romans et nouvelles - français
Editeur : XO, Paris, France
Prix : 19.90 € / 130.54 F
ISBN : 978-2-84563-231-8
GENCOD : 9782845632318
Que sont devenus les enfants nés dans les haras humains créés par les nazis ?
Un thriller saisissant
1995, en Allemagne. Le même jour, quatre hommes sont découverts, une ampoule de cyanure brisée dans la bouche, nus, la main droite coupée. Une seule certitude : les quatre hommes sont tous nés dans un Lebensborn, l'organisation la plus secrète des nazis, des haras humains où les SS faisaient naître de petits aryens pour réaliser leur rêve dément d'une race pure. Les autorités allemandes étouffent l'affaire.
Paris, 2005. Anaïs, jeune journaliste, est contactée par un étrange personnage, Vidkun Venner, un riche collectionneur norvégien. Vidkun a reçu une mallette, anonyme, contenant quatre mains momifiées. Quatre mains droites. Il veut qu'Anaïs l'aide à découvrir d'où elles viennent, et pourquoi on lui a envoyé ce macabre colis.
Très vite, la tension monte autour d'Anaïs. À mesure qu'elle avance dans son enquête, des signes inquiétants surgissent, des dossiers d'archives sont volés, des témoins refusent de parler, d'autres... disparaissent. Anaïs en vient à douter : tout s'est-il vraiment arrêté à la fin de la guerre ?
Un terrifiant parcours initiatique dont ni Anaïs ni Vidkun ne sortiront indemnes.
À 32 ans, Nicolas d'Estienne d'Orves, journaliste et écrivain, nous livre, avec ce thriller à la documentation exceptionnelle, une enquête haletante et une extraordinaire exploration du Mal nazi.
Nicolas d'Estienne d'Orves planifie pour ses lecteurs une descente aux enfers, par paliers, qui rappelle la scène finale de l'ascenseur dans le film Angel Heart, d'Alan Parker. Mais, en feuilletonniste accompli, il sait récompenser son public de toutes les angoisses qu'il lui inflige...
Toujours frondeur, rusé, captivant, l'auteur d'Othon ou l'Aurore immobile (prix Roger-Nimier en 2002) trousse un suspense efficace et diablement retors. Avec une pincée de paranoïa, une louche d'horreur et un zeste de fiel, cet écrivain du malaise (dans la lignée d'un Brussolo, d'un Jean Ray ou d'un H. P. Lovecraft) concocte une vertigineuse promenade de six cents pages au bord du précipice.
Extrait du prologue :
Elle était parfaite : front haut, yeux écartés, oreilles discrètes, menton volontaire, lèvre esquissée, dents rectilignes, chevelure longue, soyeuse, plus dorée qu'un bretzel.
- Ouvrez grands les yeux, Fräulein, s'il vous plaît, demanda le médecin, en se penchant sur la jeune femme.
- Comme ça ?
Elle fit une mine de hibou, presque comique, roulant les yeux dans leurs orbites. Cette grimace arracha un sourire à l'homme en blouse blanche, pourtant célèbre par son austérité dans le travail. Mais il y avait là matière à joie ! Rarement il avait vu un tel dégradé de cyan, turquoise, lapis-lazuli...
«Deux améthystes...» songea-t-il, en écartant la paupière de ses doigts pour en jauger l'élasticité. La parturiente se laissait faire, un animal chez le vétérinaire.
- Et le père ? demanda le docteur.
La femme enceinte haussa les épaules avec un sourire d'impuissance. Une infirmière lut alors au médecin une fiche signalétique :
- Ingelheim, Gawain. Vingt-deux ans. Untersturmführer. Sorti premier du Burg de Sonthofen. Possède un certificat d'aryanité sur douze générations. A «rencontré» Fräulein Grève à Halgadøm, dans la nuit du 12 au 13 mai 1938...
- Vous confirmez ? demanda le médecin à Mlle Grève, dont il commença de palper le ventre.
Elle hocha du chef et bredouilla :
- Je vous confirme la date... mais vous venez de m'apprendre son nom, Herr Doktor...
Le médecin fronça les sourcils. Ses doigts s'enfonçaient doucement dans ce ventre rond, courant du pubis au nombril. Il réalisa alors qu'il pianotait machinalement une partita de Bach.
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