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Gastronomie et identité culturelle : XIXe-XXe siècles : actes du colloque 2005 de l'Université de Versailles

Couverture du livre Gastronomie et identité culturelle : XIXe-XXe siècles : actes du colloque 2005 de l'Université de Versailles

Auteur : Françoise Hache-Bissette | Denis Saillard

Date de saisie : 06/03/2007

Genre : Sociologie, Société

Editeur : Nouveau Monde éditions, Paris, France

Collection : Culture-médias

Prix : 49.00 € / 321.42 F

ISBN : 2-84736-188-X

GENCOD : 9782847361889

Sorti le : 22/02/2007

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  • La présentation de l'éditeur

Le rapport entre la gastronomie et la France semble aller de soi. Peu après «l'invention du restaurant» à Paris à la fin de l'Ancien Régime, ce sont des Français, Grimod de la Reynière, Antonin Carême, Brillat-Savarin et d'autres, qui fondent la gastronomie en élaborant un discours entièrement nouveau sur les plaisirs de la table.
Au cours du XIXe siècle, de nombreux chefs français, et notamment ceux qui exercent leur talent à l'étranger, codifient une «haute cuisine» internationale. La gastronomie française se montre à la fois capable de recréer, en les «nationalisant», les cuisines régionales, et d'assimiler de nombreux produits et procédés provenant de cuisines étrangères. Les textes qui affirment son incontestable supériorité et son caractère national ne cessent alors de se multiplier, tandis qu'à l'étranger se modèlent, à travers l'examen de sa cuisine et de son art de vivre, des représentations de la France et des Français.
Quelle identité culturelle française discours et représentations gastronomiques dessinent-ils depuis deux siècles ? S'éloigne-t-on nettement des conceptions présentes dans les textes fondateurs et normatifs de la première moitié du XIXe siècle ? Peut-on qualifier de rupture les mutations des dernières décennies qui se caractérisent, à la fois par un renouveau des «cuisines de terroir», et par une diversification croissante des sources et des inspirations de la «haute cuisine» qui affaiblit la place internationale de la gastronomie française ?

Cet ouvrage constitue les actes du colloque organisé en 2005 par le Centre d'histoire culturelle des sociétés contemporaines (CHCSC) de l'Université de Versailles St-Quentin-en-Yvelines et la Société d'ethnologie française.





  • Les premières lignes

Extrait de l'introduction de Françoise Hache-Bissette et Denis Saillard :

DISCOURS GASTRONOMIQUE ET IDENTITÉ CULTURELLE FRANÇAISE

«En considérant le plaisir de la table sous tous ses rapports, j'ai vu de bonne heure, qu'il y avait là-dessus quelque chose de mieux à faire que des livres de cuisine, et qu'il y avait beaucoup à dire sur des fonctions si essentielles, si continues, et qui influent d'une manière si directe sur la santé, sur le bonheur, et même sur les affaires.»

Si Jean Anthelme Brillat-Savarin, né le 2 avril 1755 à Belley dans le Bugey, n'a pas «inventé» la gastronomie, sa Physiologie du goût, parue en décembre 1825 peu avant sa mort, constitue un sommet du discours gastronomique du XIXe siècle. Si s'alimenter est un besoin naturel, il est nécessaire aussi de penser cet acte quotidien sur lequel ce littérateur sensualiste a «beaucoup à dire». Pascal Ory démontre plus loin que la Physiologie du goût, qui doit impérativement être lue au miroir des idées philosophiques, politiques et sociales de son époque, engage en effet des éléments fondamentaux.
Le terme «gastronomie» se popularise peu après le développement du restaurant à Paris et la chute de l'Ancien Régime, en 1801, grâce à un ouvrage de Joseph Berchoux qui le «réinvente». Deux ans plus tard, Alexandre Grimod de la Reynière, créateur à la fois du guide, du traité et du périodique gastronomiques, publie son Almanach des gourmands, et, de 1806 à 1833, le chef Antonin Carême fait paraître ses principaux ouvrages. Le discours gastronomique est par conséquent fondé pendant la période où se réalise la synthèse entre certaines traditions d'Ancien Régime qui persistent et les bouleversements charriés par la Révolution, ce qui n'échappa pas à Heinrich Heine, francophile s'il en fût :

Gloire aux Français ! Us ont travaillé pour les deux plus grands besoins de l'humanité : la bonne chère et l'égalité civile. Ils ont fait les plus grands progrès dans l'art culinaire et dans la liberté [...].


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