Auteur : Michel Schneider
Date de saisie : 08/03/2007
Genre : Documents Essais d'actualité
Editeur : Flammarion, Paris, France
Collection : Café Voltaire
Prix : 12.00 € / 78.71 F
ISBN : 2-08-069019-1
GENCOD : 9782080690197
Sorti le : 23/02/2007
Chaque sexe se prend pour l'autre de peur de se prendre l'un l'autre.
Voulons-nous vraiment que le socialisme moral et politique nous délivre de la sexualité ?
Michel Schneider. Psychanalyste, haut fonctionnaire, musicologue, écrivain, Michel Schneider est l'auteur de Glenn Gould, piano solo (1988), La comédie de la culture (1993), Big Mother : psychopathologie de la vie politique (2002), et de Morts imaginaires (prix Médicis de l'essai, 2003). Il a publié en 2006 Marilyn dernières séances, pour lequel il a reçu le prix Interallié.
Pour Schneider, nous cheminons donc dans des régions encore inexplorées - même si elles sont considérées comme conquises. Les balises ont des noms séduisants : mariage homosexuel, homoparentalité, "communautarisme imaginaire qui anomise et atomise notre société", action intrusive de la loi dans la sphère privée, pénalisation des comportements déviants ou de la prostitution, diabolisation de la pornographie, féminisation des mots... constituent quelques-uns des symptômes de ce que l'auteur perçoit comme une funeste "désymbolisation de la sexualité".
Schneider nie en bloc que ses propres thèses suent son réac empêché, et ne discute évidemment pas la légitimité du combat des femmes en faveur de l'égalité sociale et salariale. «Il ne s'agit nullement d'un livre anti-femmes, se défend-il. Ce sont les hommes qui sont aujourd'hui pathétiquement paralysés, voyez les romans de Houellebecq... Non, ce que je conteste en revanche, c'est l'intrusion du politique dans les chambres à coucher.». Et c'est vrai que «la Confusion des sexes», sous ses assertions discutables et ses formules parfois faciles, soulève de vraies questions sur le devenir du sexe, cet «infracassable noyau de nuit» évoqué par André Breton, qu'on tend aujourd'hui à éclairer au seul néon des cabinets de gynécologue ou des commissariats de police. Nul hasard du reste si c'est aujourd'hui la même société qui tend à liquider la psychanalyse, cette complication inutile qui n'entend pas délivrer l'homme du sexe mais lui en révéler au contraire toute la puissance. La matraque dans une main, les anxiolytiques dans l'autre, la trouille au fond de l'âme et les écrans de Meetic au fond des yeux, ainsi le nouvel ordre avance, loin du corps glorieux des amants.
Il n'y va pas de main morte, Michel Schneider ! A force de vouloir gommer la différence entre les sexes, nous avons créé une société indifférente au sexe. Voilà le constat qu'il dresse dans un pamphlet revigorant, La Confusion des sexes. Soyons clairs : Michel Schneider n'est ni réactionnaire ni misogyne...
Il y a plus grave. Cette indifférence entre les sexes mène à l'indifférence au sexe : les tactiques d'évitement et les stratégies virtuelles dominent désormais. Osera-t-on rappeler ici que la sexualité est certes angoissante, mais aussi merveilleuse ?
Dans la frilosité amoureuse ambiante, un pamphlet qui fait du bien. L'homme est une femme comme les autres était le titre, prémonitoire, d'un film récent. Ainsi, la différence entre les sexes, en voie de s'estomper, serait-elle près d'être abolie ? Pourtant, elle saute aux yeux ! Un garçon n'est pas fait comme une fille. Une femme n'a pas la même psychologie amoureuse qu'un homme. Les femmes n'ont pas la même histoire que les hommes...
Dans ce pamphlet incisif et tonique, acide et mordant, taillant dans le vif de notre époque, à la fois excitée et molle, Michel Schneider, psychanalyste et haut fonctionnaire, musicologue et auteur de Marilyn dernières séances, ironise avec le flair et la décapante clairvoyance du psychanalyste qui entend l'envers inouï des mots.
Copyright : Studio 108 2004-2008 - Informations légales - Vous êtes éditeur ?
Programmation : Olf Software - Infographie, XHTML/CSS : Gravelet Multimédia - Graphisme : Richard Paoli