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Je sais que je ne suis pas seul

Couverture du livre Je sais que je ne suis pas seul

Auteur : Alexis Brocas

Date de saisie : 23/03/2007

Genre : Jeunesse à partir de 13 ans

Editeur : Ed. Sarbacane, Paris, France

Collection : Exprim'

Prix : 8.50 € / 55.76 F

ISBN : 978-2-84865-157-6

GENCOD : 9782848651576

en vente sur logo Alapage.com


  • La présentation de l'éditeur

JE SAIS QUE JE NE SUIS PAS SEUL

«Je regarde le ciel, le désert puis de nouveau le ciel, et n'y vois personne. Ce monde est un jeu de massacre où les gens se fracassent les uns contre les autres comme des poupées de verre.»

Horizon bouché : Romain, dix-sept ans, a l'impression de vivre en cage. Les semaines en pension s'enchaînent, ponctuées par les week-ends avec son père-homme d'affaires ou avec sa mère et «celui qui la baise». Il choisit de s'évader en inventant des rêveries horrifiques : histoires de femme-baleine, de démon du bitume, de rock star infernale... sa vie imaginaire est aussi riche que son existence est terne. Non, Romain n'est pas seul : ses cauchemars l'accompagnent.

Alexis Brocas a 32 ans. Journaliste littéraire, on le trouve souvent dissimulé derrière un livre de Bukowski ou Lovecraft, au milieu d'un nuage de fumée qui complète le camouflage. Je sais que je ne suis pas seul est son premier roman.





  • Les premières lignes

Le cachalot

Depuis cent ans, elle brassait l'océan.
Depuis dix ans, elle travaillait à Paris.
Écouter la voix pressée du client alors qu'elle n'enten­dait que les battements lourds et amples de la mer et de son propre coeur. Se tourner dans son kiosque pour saisir la revue alors qu'elle virait à la rencontre d'un banc de seiches. Empocher l'argent qu'on lui tendait alors qu'elle cliquetait pour étourdir les céphalopodes, rendre la monnaie en avalant d'une bouchée une population de quatre cent trente-six individus dans une savoureuse sauce d'encre noire ; murmurer un «au revoir» qui ne signifiait rien, car elle n'avait aucune envie de revoir quiconque, ici, sur terre, et s'éloigner vers d'autres courants poissonneux en deux battements de nageoire caudale.
Ainsi filaient ses journées.
Travailler sans interrompre ses rêves. C'était une fille simple, elle n'avait jamais rien désiré d'autre.
Se doutait-il, cet instituteur stressé, que la volumineuse personne qui lui tendait son Monde Diplomatique en le fixant d'un regard absent était aussi un puissant cachalot qui croisait actuellement par soixante-sept mètres de fond dans les eaux phosphorescentes de la mer des Açores ? Y pensaient-ils, ces gamins qui se poussaient du coude devant son kiosque pour décider lequel d'entre eux demanderait un Penthouse à la dame ?


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