Préface : Antoni Ferrando
Traducteur : Jean-Marie Barberà
Date de saisie : 19/04/2007
Genre : Romans et nouvelles - étranger
Editeur : Anacharsis, Toulouse, France
Prix : 25.00 € / 163.99 F
ISBN : 978-2-914777-33-9
GENCOD : 9782914777339
Sorti le : 20/01/2007
Je ne sais ce qu'est Amour ; je ne l'ai jamais vu et j'ignore qui il est.
J'ai bien entendu dire qu'Amour existe, mais je ne vois en lui que transport ardent de l'âme et agréable souffrance. C'est vrai, j'aime bien Curial, et si cela signifie amour, alors qu'on l'appelle amour, mais moi je n'en sais rien, si ce n'est que j'ai plaisir à entendre dire du bien de lui et que je désire qu'il soit le meilleur et le plus grand chevalier du monde, et que je voudrais qu'il soit près de moi et qu'il ne me quitte jamais.
Immense roman anonyme du Siècle d'Or de la langue catalane, Curial et Guelfe a vu le jour, sans doute à Naples, au XVe siècle. Curial, jeune chevalier sans fortune, est élevé en Italie à la cour du marquis de Montferrat. Guelfe, la soeur du marquis, en tombe amoureuse et lui offre secrètement la richesse qui lui manque pour se lancer dans la vie sur un grand pied. Mais leur amour va s'empêtrer dans les pièges sournois tendus par la Jalousie, et Guelfe, prise à la gorge, va conduire son amant à se risquer en d'innombrables aventures. Le roman, placé sous le triple signe de l'amour, de la guerre et de la poésie, mène Curial, au gré d'une Fortune capricieuse, de l'Europe à la Méditerranée, de tournois en grandes batailles, jusqu'aux mondes oniriques où les dieux eux-mêmes, Apollon, Junon,Vénus, ou Neptune, entrent en lice.
Curial et Guelfe, porté par une écriture chamarrée, avec une sorte de gourmandise de la vie même, coloré par les contrastes bien soupesés entre fiction et réalité, mêle à un rythme allègre la geste arthurienne, le roman courtois et les lumières de la Renaissance italienne, au point que l'on pense parfois parcourir de l'intérieur un tableau fleuri de Botticelli. Dante, Boccace, Ovide, Homère, irradient encore de leur présence cette oeuvre flamboyante, jusqu'à présent ignorée en France.
Jean-Marie Barberà, spécialiste de la littérature catalane du Siècle d'Or, est le traducteur de Tirant le Blanc (Anacharsis, 2003).
Anton» Ferrando, qui fut le premier directeur de l'Institut interuniversitaire de linguistique valentienne, est spécialiste de l'histoire de la littérature et de la langue catalanes. Il est l'éditeur de la version originale en langue catalane de Curial et Guelfe, chez Anacharsis (2007).
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Ainsi ce Curial & Guelfe, roman féerique et crépusculaire d'un XVe siècle catalan assoiffé de prouesses intempestives. Les éditions Anacharsis en proposent aujourd'hui une intéressante traduction...
Probablement rédigé vers 1443, ce roman décrit les aventures d'un jeune chevalier désargenté, amoureux de la soeur de son protecteur, le marquis de Montferrat...
Au XVe siècle, la chevalerie n'est plus ce qu'elle était ; mais elle peut encore faire rêver, pleurer, penser- en attendant la poignante dérision du Quichotte.
Extrait de l'introduction de Antoni Ferrando :
Dans le monde roman du XVe siècle, Curial et Guelfe est un récit chevaleresque des plus aboutis. Véritable joyau de la littérature européenne de la fin du Moyen Âge et, concrètement, du roman catalan, Curial partage une série de traits - réalisme, humanité, actions chevaleresques vraisemblantes, arrière-fond historique, références à la vie quotidienne, goût de l'humour et de la parodie, alternance entre langue savante et populaire - avec les récits chevaleresques français qui lui sont contemporains, comme le Livre des faits du bon messire Jehan le Maingre, dit Bouciquaut, le Livre des faits de Jacques de Lalaing et Le Petit Jehan de Saintré, et avec le valencien Tirant le Blanc, de Joanot Martorell. Mais il se singularise aussi par une primauté de la composante sentimentale, une présence substantielle d'éléments érudits tirés de la culture classique gréco-latine et de la patristique chrétienne, ainsi que par une remarquable élégance stylistique. De fait, ces éléments érudits sont l'écho du nouvel air humaniste qui souffle d'Italie. Il s'agit donc d'une oeuvre de synthèse entre les différents courants culturels qui convergent dans la narration romane occidentale, à cheval entre le Moyen Âge et la Renaissance.
Anonyme, sans titre, sans couverture ni date, Curial et Guelfe nous est parvenu au travers d'une copie manuscrite tirée de l'oubli par le romaniste catalan Manuel Milà i Fontanals, qui la fit connaître en 1876. Les données intrinsèques du roman permettent de le dater du milieu du XVe siècle, c'est-à-dire dans une période coïncidant quasiment avec la présence du roi Alphonse le Magnanime à Naples (1442-1458).
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