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Et si on parlait d'elle

Couverture du livre Et si on parlait d'elle

Auteur : Bernard Debré

Date de saisie : 03/03/2007

Genre : Biographies, mémoires, correspondances...

Editeur : Rocher, Monaco, France

Collection : Documents

Prix : 17.00 € / 111.51 F

ISBN : 2-268-06157-4

GENCOD : 9782268061573


  • La présentation de l'éditeur

Et si l'on parlait d'elle ?

Robert Debré, Michel Debré, Jean-Louis, François et Bernard Debré, tout le monde connaît ces hommes, médecins, journalistes, hommes politiques, personnages publics. Mais derrière eux, ou plutôt à leurs côtés, il y a celle dont on n'a jamais parlé. Celle qui tenait cette famille d'exception, qui en était le noyau, la colonne vertébrale. Celle qui leur a fourni l'armature intellectuelle, la rigueur, le soutien sans faille. Celle qui a accompagné Michel Debré, son époux, dans les moments les plus difficiles : la guerre, la résistance, la IVe République et dans les moments de grand bonheur aussi, le retour du général de Gaulle au pouvoir, son mari ministre et Premier ministre, les grandes réformes, la France qui se redresse.

Et si l'on parlait d'elle n'est pas tout à fait une biographie, plutôt une évocation tendre et poétique d'un fils à sa mère. Il lui rend hommage : un devoir de mémoire. Il était temps.

Bernard Debré est Professeur des universités, Chef du service d'urologie de l'hôpital Cochin, depuis 1990 et chef du département d'urologie à l'hôpital Est de Shanghai depuis 2005. Il est aussi député de Paris, ancien ministre de la Coopération et auteur de très nombreux livres sur l'éthique, l'histoire et la médecine.





  • Les premières lignes

Le cri

«Maman !» Quand le cri résonna dans la chambre où, depuis quelques jours, elle gisait sans bouger, nous avons su, sans nous regarder, que tout était fini. Moi surtout qui, trois heures plus tôt, avait compris que son coma était définitif. Triste privilège du médecin, rompu au voisinage de la mort mais qui, confronté à celle de sa mère, hésite à dire la vérité à ses frères. Surtout à celui qui, quelques minutes plus tôt, m'expliquait, presque goguenard : «Entends comme elle respire mieux ! Tu sais, elle est indestructible...»

Je lui avais répondu par un triste sourire. Mais au fond de moi, le diagnostic était fait : cette alternance de respiration si rapide et de pauses parfois si longues qu'elles font s'emballer votre propre coeur, je l'avais si souvent constatée à la phase finale de l'agonie ! Dans notre jargon, nous l'appelons «respiration de cheynes stocks». Un état dont on ne revient pas. Et puis soudain, maman s'était agitée, et elle avait crié : «Maman !» Sa voix était redevenue claire, presque une voix de jeune femme. Une voix qui, pour nous, ses enfants et petits-enfants, restera toujours la sienne. Une voix gravée, désormais, dans le marbre de l'éternité. Quelques heures plus tard, elle était morte. Et un formidable apaisement se lisait sur son visage.

Qu'avait-elle vu ? Qu'avait-elle ressenti ?


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