Auteur : Alexis Léonas
Date de saisie : 09/03/2007
Genre : Religion, Spiritualité
Editeur : Cerf, Paris, France
Collection : Initiations bibliques
Prix : 29.00 € / 190.23 F
ISBN : 978-2-204-08035-4
GENCOD : 9782204080354
Sorti le : 15/02/2007
«Il était une fois une traduction...» Ainsi commence ce livre qui n'est pas un conte mais qui paraît en raconter un : bien que fruit d'une culture archaïque et étrangère aux Grecs, avorton littéraire en marge d'une culture riche et presque saturée, les Écritures juives, par la grâce de la traduction des Septante, devinrent l'Écriture sainte du monde gréco-romain.
Et le conte a perduré : devenu religion officielle de l'Empire romain, le christianisme a instauré la Bible comme son livre de référence, et c'est toujours son statut vingt-trois siècles après cette première traduction.
Première ? oui. Dans un monde où toute culture s'enfermait dans sa suprématie (soit contre tout ce qui était «barbare» pour les Hellènes, soit, au contraire, contre tout ce qui était grec, donc étranger, pour les autres peuples méditerranéens - qui résistaient déjà à une première vague de globalisation), dans un monde où les échanges entre les cultures se faisaient par des voies obliques, on ne pratiquait pas la traduction littéraire d'idée même d'une telle transmission, si coutumière pour nous, était absente de l'horizon intellectuel de l'Antiquité). Et cette traduction improbable a surgi. C'est cette histoire qui nous est racontée : celle des traducteurs, celle des lecteurs, celle des mots et du langage. Des considérations sur l'intérêt philologique et historique de cette première traduction émerge tout naturellement la question du sens de l'Écriture - tel qu'il était pour l'Antiquité tardive, tel qu'il pourrait être pour une modernité tardive.
Alexis Léonas est docteur de l'université Paris IV-Sorbonne. Il travaille avec le groupe des traducteurs de la «Bible d'Alexandrie».
Ainsi légitimée par un miracle, la traduction des Septante serait, nous dit M. Léonas, la «première traduction, au sens moderne du terme, faite au sein de la tradition culturelle occidentale». Soulignant tout à la fois la nouveauté et les difficultés de l'entreprise, l'auteur décrit, avec beaucoup de science, l'univers culturel des premiers traducteurs de la Bible, confrontés à l'expansion de l'araméen comme au vieillissement et à la sacralisation de l'hébreu biblique. Il s'attache aussi à présenter la réception de la Septante qui aurait contribué à favoriser, par son langage étrange mêlé de noms barbares, la pratique de la lecture intérieure silencieuse. Produit d'une alchimie linguistique, le texte biblique recelait pour ses lecteurs hellénophones beaucoup d'obscurité.
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