Auteur : Pierre Bourgeade
Date de saisie : 13/10/2004
Genre : Romans et nouvelles - français
Editeur : Flammarion, Paris, France
Prix : 15.00 € / 98.39 F
ISBN : 978-2-08-068685-5
GENCOD : 9782080686855
Comme tant de jeunes lecteurs, j'ai pris - comment dire ? - un choc dans les gencives en découvrant, sitôt la guerre finie, le «roman noir». On en avait super marre de l'Europe, après ces années 39-45, on adopta d'un coup la musique américaine, les danses américaines, les films américains, les cigarettes américaines, et ces romanciers américains : Caïn, Chandler, Mc Coy, Tracy, Hammet, etc... auxquels j'ajoute bien sûr Chase ! (Pour l'utopie, on regardera vers l'URSS, mais ceci est une autre histoire...) En 1968, ayant été aux USA, j'écrivis en six mois «New York Party», un roman publié par Gallimard. Marcel Duhamel, qui avait fondé la Série Noire, me dit : «C'est épatant, il faudra écrire pour moi !»
Les romans noirs américains ont montré les USA tels qu'ils étaient. A peine ont-ils forcé le trait. En 2004, le roman noir occidental est à peu près «La semaine de Suzette» à côté de ce qui se lit dans les journaux ou se voit à la télé. De décapitations en serial killers, de politiciens corrompus en réseaux pédophiles, l'actualité est imbattable dans l'horreur.
Dans «Crashville», par la force des choses, j'en m'en suis donc tenu au minimum. Un tueur frappant des passantes au hasard, des filles qui s'exhibent, qu'on poursuit, qu'on châtie... pour finir, l'explosion d'un quartier de Paris... C'est zéro comparé à la réalité, l'alliance sexe-fric, pouvoir politique, qui nous prépare des lendemains incandescents. Ne lisez pas «Crashville», ce n'est rien à côté de ce qui arrivera !
Pierre BOURGEADE
L'Albinos, serveur au «Canon des Gobelins», voit surgir du passé Monica, à qui il rendit service, naguère, alors qu'il s'occupait d'un peep-show. Pour toute récompense, elle s'était enfuie avec ses économies. Dans l'intervalle, il s'est lié d'amitié avec Grubudu, un homme qui erre dans les rues en tuant, à l'occasion, quelques passantes. Grubudu a surnommé la capitale, aimée de Baudelaire et Céline, Crashville. En rêve, il voit cette moderne Sodome engloutie par une tempête de feu. Depuis son forfait, Monica est devenue l'esclave et l'élève d'un homme secret, pour qui le sexe et la puissance financière ne font qu'un.Grubudu aidera l'Albinos à se venger d'elle, jusqu'à l'embrasement final. Dans ce roman, qui paraît retourner Crashville comme un doigt de gant, Pierre Bourgeade met en lumière ce qui s'y trouve caché : misère de la solitude, violence de l'argent, commerce des corps et chaos des relations amoureuses. Un miroir où notre capitale devrait se reconnaître.
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