Auteur : Undine Gruenter
Traducteur : Marielle Roffi
Date de saisie : 13/07/2007
Genre : Romans et nouvelles - étranger
Editeur : Quidam éditeur, Meudon, France
Collection : Made in Europe
Prix : 19.00 € / 124.63 F
ISBN : 978-2-915018-18-9
GENCOD : 9782915018189
Sorti le : 16/02/2007
Qu'est-ce que connaître l'autre, que veut dire «pour toujours», de quels mots a-t-on besoin dans la rencontre amoureuse et pourquoi ? Et comment aimer et former un couple peuvent-il se conjuguer ? Les illusions d'une jeune fille de 16 ans sont-elles moins réelles que les croyances d'un homme de 60 ans éperdument amoureux ? Qu'est-ce qu'être libre ? Qu'est-ce que tromper ?
Autant de questions parcourues par Le Jardin clos qui me parle peut-être autant d'amour que de solitude. Undine Gruenter y livre ce qui a fait l'essence de sa vie, l'imaginaire comme lieu du désir, de la rencontre avec soi et avec l'autre. En forme de testament. Avec un grand dépouillement, avec beaucoup de pudeur.
Marielle Roffi, la traductrice de l'ouvrage
Le jardin est clos mais derrière ses murs. Soudain, un homme de 60 ans, y aime Équilibre, jeune femme «charmante comme la Vénus de Botticelli, une sylphide». Ce jardin d'Eden aussi esthétique que théâtral lui est un écrin où contempler à jamais l'objet de son amour. Mais ce songe de l'un vers l'autre, ce rêve érotique entêtant, cet amour exclusif peuvent-ils prétendre à l'éternel ? Qu'apparaisse l'intrus et le bel ordonnancement est rompu... D'un couple défait, il reste pourtant encore l'histoire... Le Jardin clos est un roman intemporel sur le bonheur qui perdure dans le souvenir comme dans le récit qui en est fait, par-delà la solitude, les déchirements et la séparation. Undine Gruenter livre là, en une langue mélancolique sans pareille, ce qui a fait l'essence de sa vie : l'imaginaire comme lieu du désir. «Que serait celui qui aime sans son imagination ?»
«Undine Gruenter est passée à travers le temps. Ses images continueront à vivre. Son oeuvre survivra à toutes les saisons.»
Dorothea Dieckmann. Die Zeil
«Undine Gruenter a trouvé dans ce texte tardif son ton, désormais incomparable, un ton léger, élégiaque cl mélancolique.»
Marcel Reich-Ranicki. Der Spiegel
On sait au moins depuis les Affinités électives de Goethe que les jardins risquent d'être fatals au couple quand ces enclosures veulent être l'écrin des sentiments ou le lieu exclusif de leur épanouissement. Et pourtant, ce savoir n'empêche pas d'essayer à nouveau, tant ce territoire secret semble propice pour mettre l'amour à l'abri du monde et de ses tourments...
Ce livre est si bien fait, si bien écrit - si bien traduit -, il marie si subtilement l'abstraction et la réalité, l'anachronisme et la modernité, que l'on redoute à chaque page une brisure, une déception. Mais rien ne se brise - sauf l'amour. Qu'est-ce qui fait que le couple se délite ? L'amour est-il aussi artificiel qu'un bout de nature domestiquée ? La passion ne peut-elle durer qu'un temps ? Et qu'est-ce qui distingue l'amour de la passion ?...
Dans le dédale des sentiments, voix et signes s'égarent ou se répondent dans un écho confus qui intègre d'autres appels issus de l'imaginaire et dont les harmoniques sont le sens du frisson.
Soudain
TOUT ce bruit qu'on fait autour de la virginité m'a toujours laissé froid. Je ne suis pas un immoraliste, mais la vertu ne m'intéresse pas. Quand mes petites soeurs se sont mises à parler de leurs règles en chuchotant, j'ai tourné la tête avec dégoût. Quand mes amis se sont mis à se vanter de leurs premiers succès attestés par des traces de sang sur des draps blancs, je me suis détourné avec dégoût. Je n'ai jamais compris à quel titre il faudrait perdre ou préserver une virginité. Qui plus est, la virginité est morte. Elle est morte sans qu'il n'y paraisse pendant les années soixante du vingtième siècle. Sa mort n'a pas été accompagnée de phrases pompeuses comme celle de ce Dieu soi-disant mort et qui, pourtant, toujours se relevait, tel un démiurge, et remplissait les églises. Son dernier voyage s'est fait sans fanfare, sans étendards ni drapeaux. Nous l'avons congédiée sans requiem ni marche funèbre, sans pluie ni pieds rougis par le froid. Elle avait été chassée depuis longtemps de ses demeures, les jardins virginaux, les couvents silencieux, les chambres blanches de jeunes filles qui ont meublé ses siècles. Peintes en bleu pâle ou badigeonnées de blanc, des chambres aux rideaux de mousseline masquant l'extérieur. Qui ne préservaient que des secrets dans lesquels toute mère aurait pu fourrer le nez en ouvrant un tiroir. Elles ont disparu. Le mot jeune fille* a longtemps porté le deuil les jours de noces, bien que l'on continue à exhiber des robes blanches aux portes des églises.
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