Auteur : Geneviève Bürher-Thierry | Stéphane Lebecq
Date de saisie : 26/02/2007
Genre : Histoire, Géographie
Editeur : Presses universitaires de Vincennes, Saint-Denis, France
Prix : 17.00 € / 111.51 F
ISBN : 978-2-84292-193-4
GENCOD : 9782842921934
Sorti le : 22/02/2007
Introduction
Montatnus et les schismatiques : la reprise en main d'une périphérie hispanique au début du VIe siècle.
Le royaume lombard et les duchés : formes et moyens d'une intégration progressive
Manger et boire à la mode étrangère : adoption, adaptation et rejet des pratiques festives continentales dans la Grande-Bretagne du VIIe siècle.
La fission du noyau : anciens et nouveaux centres dans l'espace alpin (fin Vlle-début Xe siècles).
À qui profitent les guerres en Orient ? Quelques observations à propos des conflits entre Slaves et Francs au IXe siècle.
Cambrai-Magdebourg : les reliques des saints et l'intégration de la Lotharingie dans le royaume de Germanie au milieu du Xe siècle.
«Poux, vers et vermine» : des parasites qui infectent les oiseaux rapaces
La notion d'«auteur-magicien» à la fin du Moyen-Age le cas de l'ermite Pelagius de Majorque (î v. 1480).
Réflexions sur les objets et sur les pratiques de l'histoire de l'art médiéval. À propos de L'Objet de l'histoire de l'art de Roland Recht.
Les «Miroirs aux princes» sont-ils un genre littéraire ?
L'OCCIDENT SUR SES MARGES (VIe-XIe SIECLES)
FORMES ET TECHNIQUES DE L'INTÉGRATION
Au milieu du VIIIe siècle, dans sa Cosmographia, un auteur chrétien connu sous le nom d'Aethicus Ister décrit les confins du monde comme des sociétés sinistrement privées d'États par des peuples brutaux, sans foi, ni roi. Dans une société chrétienne comme celle des Francs - mais c'était tout aussi vrai en Irlande et en Grande-Bretagne -, l'idée qu'on se faisait de la civilisation était indissolublement liée non seulement à la conversion des peuples à la vraie foi, mais aussi à l'existence d'une royauté solide et prestigieuse, une royauté qui ne cessait de se renforcer et qui se donnait pour mission d'ordonner la société. En dédiant le présent numéro aux «marges» de l'Occident dans le haut Moyen Âge, et en faisant appel à de jeunes chercheurs qui, pour la plupart, ont fait, de la fin des années 1990 au début des années 2000, les beaux jours du séminaire d'histoire du haut Moyen Âge de l'Université Lille III, Médiévales a voulu donner des clefs pour comprendre par quels moyens et à l'aide de quelles représentations l'Occident avait progressivement intégré ses marges, dans un double mouvement de conquête et de christianisation.
Car, entre le VIe et le XIe siècle, il s'agit d'un Occident en pleine expansion - une expansion qu'il faut mettre essentiellement au compte de la diffusion du christianisme sur les marges orientales et septentrionales de l'Europe, mouvement qui se double à partir du VIIIe siècle d'une uniformisation du christianisme autour du modèle romain. Mais on assiste aussi, dans le même temps, à l'expansion de la puissance franque sur l'ensemble de l'Europe continentale, et même, d'une certaine façon, sur le monde anglo-saxon par l'impact des modèles qu'elle propose. On constate alors un double mouvement d'intégration : l'intégration de sociétés «segmentaires» à une société plus «étatique», l'intégration religieuse de populations non-chrétiennes à un Occident qui se définit d'abord comme un ensemble de royaumes adhérant à la foi catholique, avant de prendre la forme de l'empire carolingien.
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