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Corps de pierre

Couverture du livre Corps de pierre

Auteur : Lionel-Edouard Martin

Préface : Raphaël Confiant

Date de saisie : 25/02/2007

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : Ecriture, Paris, France

Prix : 16.95 € / 111.18 F

ISBN : 978-2-909240-73-2

GENCOD : 9782909240732

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  • La présentation de l'éditeur

Un écrivain retourne aux sources de son enfance poitevine. Par bribes ou par pans, son écriture arrache des souvenirs à «l'appareil calcaire» de sa ville natale. «Comme à l'inverse d'une naissance», le passé remonte les fleuves vers le temps retrouvé. Une époque, des lieux se régénèrent, préservés par miracle de l'effondrement.

Sur les pas de Marie, la grand-mère, du barbier Hubert, du plâtrier Edouard ou de la bégayante Dame Queuqueu, une humanité pétrifiée reprend vie. Ces figures traversent un siècle martelé par les conflits, sans échapper à la fatalité qui les conduit à devenir, chacune à sa façon, des «corps de pierre».

À cette polyphonie principale, s'ajoute la voix du narrateur qui, au cours de ses voyages, transporte sa mémoire dans les paysages parcourus, du Brésil à Paris, en passant par la Guyane, la Martinique et Haïti, lieux hantés, eux aussi, par les mythes de la sape et de l'écroulement.

Né en 1956 dans le Poitou, Lionel-Edouard Martin poursuit une oeuvre poétique jusque dans ses récits en prose : Jeanlou dans l'arbre (L'Harmattan, 2005), Deuil à Chailly (Arléa, 2007) et aujourd'hui Corps de pierre. Il enseigne les Lettres modernes à l'Université de Fort-de-France.





  • Les premières lignes

Extrait de la préface de Raphaël Confiant :

Méditation sur ce qui perdure

Il existe plusieurs façons d'évoquer un monde qui n'est plus. Un monde, c'est-à-dire des paysages, des lieux, des demeures, des êtres humains surtout et leur voix, ce qui leur est le plus leur, le plus essentiel.
Il y a celle de la remémoration sourcilleuse, du décompte des jours, du relevé quasi topographique des faits et gestes, la volonté de ne rien perdre de ce qui s'est écoulé à jamais. Ici le mot se fait testament.
Il y a celle de la nostalgie empreinte de pathétique et de rage contenue, rage contre le temps qui fuit et donc contre la mort. Là, le mot se fait révolte.
Il existe encore cent autres façons de dire ou plutôt d'écrire ce qui n'est plus.
Lionel-Edouard Martin invente la sienne. C'est qu'il est d'abord poète et qu'en cela il sait magnifiquement abolir la distance entre le mot et la chose. Il sait donner à chacun d'entre eux une densité quasi minérale quand il parle de son pays, au vieux sens de ce mot, de cette Ville-Haute où, paradoxalement, vivent les plus impécunieux, avec ses ruelles en pente, son socle de calcaire et, par en bas, la Gartempe, rivière qui rêve d'Atlantique, ce lointain qu'elle atteindra de jonction en jonction avec d'autres cours d'eau. Nulle description pittoresque, aucune afféterie car il s'agit moins pour l'auteur de nommer que de sonder. Il nous prévient d'ailleurs :
«... enfin de compte, ces écroulements doivent proportionnellement bien plus à mon existence qu'à une imagination que je n'ai pas fertile.»
Ses phrases au déroulé parfois précieux, presque arachnéen, toujours élégant, pénètrent avec patience et obstination au coeur des choses, cherchant sans doute à révéler cet indicible qui nous hante tous.


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