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Les 21 chevreaux d'Irulappa Cami

Couverture du livre Les 21 chevreaux d'Irulappa Cami

Auteur : Velaramamurti

Traducteur : François Gros | M. Kannan

Date de saisie : 02/03/2007

Genre : Romans et nouvelles - étranger

Editeur : Ed. de l'Aube, La Tour-d'Aigues, France

Collection : Regards croisés

Prix : 13.90 € / 91.18 F

ISBN : 978-2-7526-0323-4

GENCOD : 9782752603234


  • La présentation de l'éditeur

«S'approchant des bêtes qu'ils avaient déjà repérées, ils leur emprisonnèrent étroitement la gueule de la main gauche et leur brisèrent la gorge d'un coup sec de la main droite, en leur tordant le cou. On n'entendait que le bruit léger de chèvres qui remuaient les pattes. Elles ne pouvaient pas crier.» Avec Vêlarâmamûrti, l'ordre et la respectabilité devraient l'emporter sur l'atavisme récurrent de la violence et de la cruauté.
Les nouvelles de ce recueil ont toutes été écrites par des auteurs contemporains de langue tamoule venant de l'Inde du Sud-Est - celle de Pondichéry et Madras -, de Ceylan et de Malaisie. C'est à la fois la langue et le territoire qui donnent leur unité à ces textes qui sont tous différents par leur sujet, leur écriture, leur parfum. Un ensemble passionnant par sa diversité et son originalité.

Vêlarâmamûrti, R. Chûdâmani, Pûmani, T. M.C. Raghunâtan, L.S. Râmâmirtham, Ashokamitran, Sundara Ramaswamy, Vannanilavan, S. Tamilselvan, Nânjil Nâdan, Kônanki. Les nouvelles ont été rassemblées et traduites par le professeur François Gros, qui a également contribué à l'édition du Sage se rend au zoo (l'Aube, 2007).





  • Les premières lignes

Une brise légère, écho du lointain océan, induit au sommeil Irulândi Têvar. Un sommeil propre à cette halle où l'on fait germer les neuf sortes de graines. C'est une plate-forme à hauteur de poitrine. Au milieu, le carré des pots, sur quatre niveaux - si par mégarde on les heurte du pied, il faut aussitôt les toucher des doigts et porter les mains à ses yeux, par respect. Reposant sur quatre piliers de pierre, un toit pentu. À l'est, en bordure du chemin, à même le sol, a «poussé» la déesse Bhadrakâli. Par peur de Bhadrakâli, les jeunes gardent, la nuit, une conduite irréprochable. Pas question de se laisser aller à quoi que ce soit. Sur ce point, les aînés sont très stricts :
«La jeunesse, si vous êtes en chaleur et portés vers les femmes, allez faire ça sur la berge du canal, au bord des puits d'irrigation ou du côté du pailler. Mais si vous vous conduisez mal, Kâli vous crèvera les yeux», disent-ils. Pour le reste, toute la journée on joue aux cartes, au rami, aux dés, au jeu des tigres et des chèvres. Irulândi Têvar s'est étendu au sud. Près de sa tête, Kandaiyâ Têvar. Sur la bordure nord, sept joueurs de rami. Parmi les sept, le fils d'Irulândi Têvar, le mari de sa fille, le fils de Kandaiyâ Têvar, et le fils de son plus jeune frère. À l'ouest, on joue aux cartes et à l'est aux dés, sous le regard de Bhadrakâli. Aux pieds d'Irulândi Têvar, on joue aux tigres et aux chèvres. Tous sont apparentés, père, fils, oncle, gendre.
Les petits gamins, dont les doigts ne sont pas encore formés pour manier les cartes, jouent au corbeau et au poussin dans le banian du temple de Niraikulattamman. À force d'accueillir les ébats et les jeux des enfants, tous les points d'eau du village accumulent la saleté.
Le bras gauche d'Irulândi Têvar est replié sous sa tête. Sa main droite repose entre ses cuisses. Des cicatrices, étalées à l'intérieur de ses cuisses, forment des boursouflures, traces des marques au fer rouge infligées par la police de Perunâli, quand ils se sont faits prendre lors de leur expédition pour voler des chèvres à Kavulpatti.


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