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Des victimes oubliées du nazisme : les Noirs et l'Allemagne dans la première moitié du XXe siècle

Couverture du livre Des victimes oubliées du nazisme : les Noirs et l'Allemagne dans la première moitié du XXe siècle

Auteur : Catherine Coquery-Vidrovitch

Date de saisie : 25/02/2007

Genre : Documents Essais d'actualité

Editeur : le Cherche Midi, Paris, France

Collection : Documents

Prix : 15.00 € / 98.39 F

ISBN : 978-2-7491-0630-4

GENCOD : 9782749106304

Sorti le : 15/02/2007

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  • La présentation de l'éditeur

DES VICTIMES OUBLIEES DU NAZISME

Les Noirs et l'Allemagne dans la première moitié du XXe siècle

Après avoir été longtemps négligée, la question du sort de la minorité noire et métisse dans l'Allemagne hitlérienne suscite depuis quelques années nombre d'interrogations - et d'approximations. En historienne, Catherine Coquery-Vidrovitch a voulu remonter aux sources des persécutions dont furent victimes les Noirs sous le régime nazi.

Le racisme ordinaire, enfant naturel du colo­nialisme allemand, entraîna au début du XXe siècle le massacre des Herero, dans le Sud-Ouest africain. Ensuite se mit en place un racisme scientifique, prélude à la montée du nazisme.

Après la prise du pouvoir par Hitler viendront les lois racistes, la stérilisation, les massacres de prisonniers et les déportations.

Un document implacable sur l'un des aspects les moins connus des crimes du IIP Reich.

Catherine Coquery-Vidrovitch est historienne et professeur d'université.





  • Les premières lignes

Extrait de l'introduction :

Du «racisme ordinaire» au nazisme

Quand les nazis arrivent au pouvoir en 1933, quelques centaines d'enfants nés de femmes allemandes et de soldats africains des troupes françaises d'occupation vivent en Allemagne. Dans Mein Kampf, Hitler écrivait que ces enfants étaient nés d'un complot juif visant à bâtardiser l'Europe. Ces naissances intervinrent surtout dans la Sarre occupée plusieurs années après la Grande Guerre par les troupes françaises. Celles-ci avaient compté, surtout à partir de 1917, au moment où l'hémorragie de la guerre des tranchées était à son comble, plusieurs centaines de milliers de soldats recrutés parmi les «indigènes» des colonies : au total 820 000 mobilisés dans les colonies et protectorats français, dont 636 000 ont été transportés en France. Parmi eux, 450 000 étaient des militaires stricto sensu (plus 187 000 travailleurs), originaires pour la plupart d'Afrique du Nord et d'Afrique noire occidentale, plus 31 000 venus de Madagascar et 43 000 d'Indochine. Un certain nombre d'entre eux - dont environ 11000 Noirs d'AOF - aboutirent sur les champs de bataille européens. Il y eut parmi ces derniers 30 000 morts ou disparus, soit un sur deux. Ce sont donc eux qui payèrent le plus cher la guerre des tranchées. Entre-temps, ils furent un certain nombre à frayer avec des femmes blanches. Les enfants nés de ces unions, on les surnomma les «poussières d'Empire» quand ils étaient d'ascendance asiatique (bui doi ou «poussière de vie» en vietnamien). Mais ce fut surtout la «honte noire» qui marqua les Allemands de la Sarre.


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