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Première histoire d'Esther

Couverture du livre Première histoire d'Esther

Auteur : Salvador Espriu

Traducteur : Mathilde Bensoussan

Date de saisie : 03/08/2007

Genre : Théâtre

Editeur : Ed. de l'Amandier, Paris, France

Prix : 12.00 € / 78.71 F

ISBN : 978-2-915695-97-7

GENCOD : 9782915695977

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  • La présentation de l'éditeur

L'action se situe en même temps dans la cité catalane de Sinera, anagramme de la ville natale d'Espriu, Arenys de Mar et dans Suse, au temps de l'exil des Hébreux chez les Perses. La pièce est construite sous forme de mise en abîme entre le public, venu assister à un spectacle de marionnettes, et l'histoire légendaire de la reine Esther, que les marionnettes, en réalité de vrais acteurs, interprètent.
D'une totale originalité, d'une écriture d'une incomparable richesse, cette pièce réputée intraduisible s'efforce, cependant, de donner ici un modeste aperçu de l'original.

Salvador Espriu est né à Santa Coloma de Farners le 10 juillet 1913. En 1915, sa famille s'établit à Barcelone et passe plusieurs saisons à Arenys de Mar, village qui tient une place essentielle dans l'univers littéraire du poète qui le mythifie sous le nom de Sinera.
À 16 ans (en 1929), Espriu publie son premier livre Israël. Il fait des études de Droit et d'Histoire antique à l'Université de Barcelone qu'il achèvera en 1935 et 1936. Mais sa vocation littéraire s'impose de plus en plus à lui. En 1931, il publie El doctor Rip et Laia qui le révèle comme un romancier original, éloigné des courants établis. Laia aura plusieurs versions et sera porté au cinéma avec l'actrice Nuria Espert.
La Grèce qu'il découvrira lors d'un voyage dans les pays de la Méditerranée aura un impact important sur son oeuvre. Durant les années d'avant la guerre civile espagnole, Espriu est très lié avec le milieu intellectuel de Barcelone. Il publie Aspectes (1934), Ariadna al laberint grotesc (1935). Durant la guerre civile espagnole il est incorporé dans la Colonne Macia Companys, section des Archives de l'Auditoria de Guerra où il va rester jusqu'à la fin de l'année 1939.
Après la guerre, Espriu travaille comme avocat tout en continuant à écrire. De cette étape, surgissent des oeuvres de théâtre comme Primera historia d'Esther (éditée en 1948 et créée en 1957), ou des recueils de poèmes Les cançons d'Ariadna (1949), Les hores et M. Death (1952), El caminant i el mur (1954) et Final del laberint (1955).





  • Les premières lignes

Première histoire d'Esther

En mai 1947, lorsque Salvador Espriu, qui s'était déjà fait connaître, avant la guerre, par des recueils de nouvelles et un court roman, entreprend d'écrire Première histoire d'Esther, il ne peut nourrir qu'un faible d'espoir de la voir représentée ou même publiée. En effet, le régime issu de la guerre civile, dans sa volonté d'éradiquer l'identité catalane de la «nouvelle Espagne» définie comme «une», interdit quasiment toute publication en catalan, et plus généralement tout usage public de la langue. C'est d'ailleurs dans une semi-clandestinité que le jeune écrivain a publié l'année précédente sa première oeuvre poétique, Cimetière de Sinera, sorte d'élégie au «petit monde «perdu de la ville fictive de Sinera, dont le nom est l'anagramme d'Arenys de Mar, berceau de sa famille. Et il tient dans ses tiroirs deux ouvrages inédits : une première pièce de théâtre, Antigone, transparente allégorie de la guerre civile, écrite en quelques jours de mars 1939, qui ne paraîtra qu'en 1953; et un second recueil poétique, Les chansons d'Ariane, écrit entre mars 1944 et janvier 1946 mais publié seulement en 1949, où transparaît une vision grotesque tant du petit peuple de Sinera que de la condition humaine en général
Le propos essentiel de Salvador Espriu, outre d'organiser des «funérailles» à sa «langue moribonde», étant manifestement d'évoquer, dans Première histoire d'Esther, la désastreuse situation collective, l'obstacle de la censure s'annonce particulièrement difficile à franchir. Cette fois encore, l'allégorie s'impose donc, et le recours à une fiction très éloignée dans le temps et l'espace, à charge pour le lecteur d'en percevoir les parallélismes avec le présent immédiat. De même ^«Antigone, écrite durant la guerre civile, évoque celle-ci à travers la guerre des Sept de Thèbes, la double oppression politique et culturelle subie par la Catalogne, sous le franquisme, est en effet figurée, dans Première histoire d'Esther, par la détresse des Juifs de Suse sous le gouvernement du sanguinaire Assuérus, telle quelle est dépeinte par le Rouleau. Le message final étant d'ailleurs le même : «oublier les divisions» et «travailler dans la paix et l'union» (Antigone,); «s'accorder une aumône réciproque de pardon et de tolérance», «éviter le plus grand des crimes, le péché de la guerre entre frères» (Première histoire d'Esther,).


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