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Adieu. Les Marana. Le réquisitionnaire

Couverture du livre Adieu. Les Marana. Le réquisitionnaire

Auteur : Honoré de Balzac

Date de saisie : 23/02/2007

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : Table ronde, Paris, France

Collection : La petite vermillon

Prix : 7.00 € / 45.92 F

ISBN : 978-2-7103-2897-1

GENCOD : 9782710328971

Sorti le : 15/02/2007

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  • La présentation de l'éditeur

Ces trois nouvelles tirées des Etudes philosophiques nous découvrent «un des côtés les plus attachants de Balzac. Son goût du mystère, sa hantise de l'occulte, bref, pour tout dire, les assises mystérieuses sur lequel ce monument d'observation réaliste, - comme disent les sots, - La Comédie Humaine, est bâti. Parce qu'on leur présente des personnages avec leurs tics, leurs manies, leurs chapeaux et leurs vices, les gens courent au plus pressé et disent : comme c'est ça ! Alors, justement, que Balzac est grand parce que ce n'est pas ça. D'ailleurs, croyez-vous que ça n'est pas suffisant ?... À la bonne vôtre et n'en parlons plus. La réalité nous ennuie. Le réalisme nous fait mal au coeur et il se trouve que nos deux plus grands romanciers français depuis un siècle (les trois, je devrais dire, puisque Stendhal est là) Balzac et Proust ont tout inventé. Dostoïevski lui-même ne me contredirait pas, qui a inventé ses douleurs et sa mort» (André de Richaud).





  • Les premières lignes

- Allons, député du centre, en avant ! Il s'agit d'aller au pas accéléré si nous voulons être à table en même temps que les autres. Haut le pied ! Saute, marquis ! là donc ! bien. Vous franchissez les sillons comme un véritable cerf !
Ces paroles étaient prononcées par un chasseur paisiblement assis sur une lisière de la forêt de L'Isle-Adam, et qui achevait de fumer un cigare de La Havane en attendant son compagnon, sans doute égaré depuis longtemps dans les halliers de la forêt. À ses côtés, quatre chiens haletants regardaient comme lui le personnage auquel il s'adressait. Pour comprendre combien étaient railleuses ces allocutions répétées par intervalles, il faut dire que le chasseur était un gros homme court dont le ventre proéminent accusait un embonpoint véritablement ministériel. Aussi arpentait-il avec peine les sillons d'un vaste champ récemment moissonné, dont les chaumes gênaient considérablement sa marche; puis, pour surcroît de douleur, les rayons du soleil qui frappaient obliquement sa figure y amassaient de grosses gouttes de sueur. Préoccupé par le soin de garder son équilibre, il se penchait tantôt en avant, tantôt en arrière, en imitant ainsi les soubresauts d'une voiture fortement cahotée. Ce jour était un de ceux qui, pendant le mois de septembre, achèvent de mûrir les raisins par des feux équatoriaux. Le temps annonçait un orage. Quoique plusieurs grands espaces d'azur séparassent encore vers l'horizon de gros nuages noirs, on voyait des nuées blondes s'avancer avec une effrayante rapidité, en étendant, de l'ouest à l'est, un léger rideau grisâtre. Le vent, n'agissant que dans la haute région de l'air, l'atmosphère comprimait vers les bas-fonds les brûlantes vapeurs de la terre. Entouré de hautes futaies qui le privaient d'air, le vallon que franchissait le chasseur avait la température d'une fournaise. Ardente et silencieuse, la forêt semblait avoir soif.


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