Auteur : Karen Jespersen | Ralf Pittelkow
Traducteur : Nils Ahl
Date de saisie : 23/02/2007
Genre : Documents Essais d'actualité
Editeur : Ed. du Panama, Paris, France
Collection : Essais
Prix : 19.00 € / 124.63 F
ISBN : 978-2-7557-0239-2
GENCOD : 9782755702392
Sorti le : 08/02/2007
«À la fin des années 50, Max Frisch écrivit une pièce de théâtre intitulée Biedermann et les Incendiaires. Cette fable montrait comment monsieur Biedermann, un homme tout à fait ordinaire issu de la classe moyenne, avait fermé les yeux sur la montée en puissance de forces destructrices. L'écrivain suisse voulait attirer l'attention sur les mécanismes qui avaient permis au nazisme de parvenir au pouvoir - dans l'intention évidente de prévenir une répétition de l'Histoire.
Au cours de la dernière décennie, nous avons été de plus en plus directement confrontés à une nouvelle forme de totalitarisme : l'islamisme. Parce que ce dernier présente un visage différent de celui du nazisme ou du communisme, on ne peut l'affronter comme on les a combattus autrefois. Ne pas s'y opposer serait pourtant plus dangereux encore. Or, dans tous les pays européens, on réagit à cette menace comme Biedermann devant les incendiaires : hommes politiques, leaders d'opinion et universitaires, toute une partie des élites sociales, refusent de voir la réalité en face, se réfugiant dans les explications oiseuses, la prudence et le conformisme.
Après l'affaire des caricatures, ce tournant des relations entre islamisme et démocraties occidentales, il faut lancer aujourd'hui un débat autour de ces deux figures : les islamistes et ceux que nous appelons les naïvistes. Ce livre est un acte d'accusation à leur encontre.»
Karen Jespersen, ex-ministre danois des Affaires sociales (1994-2000), puis de l'Intérieur (2000-2001], est aujourd'hui journaliste politique. Elle a quitté le parti social-démocrate en 2004. Ralf Pittelkow, ancien conseiller politique de l'ex-Premier ministre social-démocrate danois, Poul Nyrup Rasmussen, est éditorialiste politique au Jyllands-Posten, le quotidien qui a publié les caricatures de Mahomet.
Traduit du danois par Nils Ahl
Un événement qui fait date : l'affaire des caricatures
À la fin des années 50, l'écrivain suisse Max Frisch écrivit une pièce de théâtre intitulée Biedermann et les incendiaires. Cette fable montrait comment monsieur Biedermann, un homme tout à fait ordinaire issu de la classe moyenne, avait fermé les yeux sur la montée en puissance de forces menaçant la société dans laquelle il vivait. Il s'agissait en l'occurrence du nazisme.
Dans la pièce, ces forces destructrices se manifestent par des incendies à répétition qui terrorisent tout un chacun, y compris Biedermann et sa femme. Quand deux hommes se présentent à la porte de sa maison, le couple réagit avec méfiance et fait tout d'abord preuve de mauvaise volonté. Mais les deux hommes, très déterminés, en appellent à sa pitié envers les victimes de la société - ce qu'ils sont en effet. Et voilà comment monsieur et madame Biedermann se laissent convaincre de les inviter à rester.
Les deux hommes s'installent dans le grenier où ils commencent aussitôt à préparer l'incendie de la maison. Ils transportent des barils d'essence dans leur repère, confectionnent des mèches et un dispositif de mise à feu, se mettent même en quête de paille de bois. Biedermann, qui assiste à ces préparatifs et entend leurs conversations, devrait s'en inquiéter. Il n'en tire pas pourtant les conclusions qui s'imposent, alors qu'il sait se trouver face à un danger à combattre immédiatement.
Afin d'éloigner ce péril, il fait tout ce qu'il peut pour satisfaire ses deux hôtes. Les invitant à déjeuner, il demande à sa servante de dresser la table de la façon la plus Spartiate qui soit - car il veut leur montrer que sa famille ne se croit en rien supérieure, qu'au contraire, elle se prépare aux inévitables changements à venir et que les deux hommes sont avant tout des victimes.
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