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Le silence des héros

Couverture du livre Le silence des héros

Auteur : Scott Turow

Traducteur : Stéphane Carn

Date de saisie : 16/03/2007

Genre : Romans et nouvelles - étranger

Editeur : Lattès, Paris, France

Prix : 21.50 € / 141.03 F

ISBN : 978-2-7096-2798-6

GENCOD : 9782709627986

Sorti le : 10/01/2007

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  • La présentation de l'éditeur

Stewart Dubinski savait que son père avait combattu durant la Seconde Guerre mondiale, avec Patton, dans la bataille des Ardennes, et qu'il avait sauvé de l'horreur des camps celle qui devait plus tard devenir sa femme.
Mais à la mort de son père, Stewart trouve un paquet de lettres adressées par celui-ci à une précédente fiancée. Il y est question d'un procès en cour martiale et de prison... Décidé à faire toute la lumière sur cette affaire, Stewart se plonge dans le passé de son père resté jusqu'alors secret et découvre un autre visage de cet homme énigmatique qui avait toujours refusé de parler de son expérience de la guerre.
Avec Le Silence des héros, Scott Turow signe ici son plus beau livre, qui rivalise de profondeur avec les romans de le Carré.

Scott Turow est l'auteur de six best-sellers qui ont fait le tour du monde, depuis Présumé innocent (1987) jusqu'à Ultime Recours (2002). Il vit avec sa famille aux environs de Chicago où il exerce son métier d'avocat.





  • La revue de presse Josyane Savigneau - Le Monde du 23 février 2007

Cet auteur de best-seller - Présumé innocent, le premier, a paru voilà tout juste vingt ans (en français, Albin Michel, 1990) - est aussi un avocat militant pour l'abolition de la peine de mort aux Etats-Unis. Avec ce nouveau livre, Le Silence des héros, Scott Turow met un peu de côté son genre habituel, le thriller, pour partir, avec un fils, sur les traces d'un père. Il dit s'être inspiré des récits de la deuxième guerre mondiale que lui a faits son propre père - il dédie ce texte à sa mémoire -, mais avoir bâti une fiction. Le héros, David Dubin, n'est pas le double absolu de son père. Peu importe, ce roman démonte implacablement le mécanisme du secret de famille, l'enquête sur un père, qui mène à la découverte d'un inconnu, et remet en cause tout le destin du fils...
Stewart peut dessiner, petit à petit, la vraie figure de son père. Mais c'est aussi une image inattendue de sa mère qui apparaît, et une vérité plus bouleversante encore.



  • Les premières lignes

Miss Grace Morton
37, Wiberly Road
Kindle County 16, IV
USA

Exp : 1Lt David Dubin - 0446192
Judge Advocate General's Dept.
APO 403 c/o Postmaster
N.Y.
Le 19 mars 1944,
Atlantique nord,
Cinquième jour de mer à bord du Steamer King Henry

Très chère Grace,

Mes petits problèmes de santé ne sont désormais plus qu'un mauvais souvenir et tu me manques plus que jamais ! Hier matin, je me suis levé en pleine forme. J'ai couru prendre le petit déjeuner et depuis, tout semble aller pour le mieux. Je commence à me faire au rythme de la vie à bord de ce luxueux transatlantique qui, quoique réquisitionné par l'armée, a gardé la plupart de son personnel civil - y compris les wallahs indiens, qui assurent le service dans nos cabines. Nous avons aussi un excellent orchestre classique qui nous interprète les plus beaux morceaux du répertoire, trois ou quatre fois par jour, dans la grande salle à manger de première classe, toujours ornée de ses vénérables lustres à pendeloques et de ses draperies de velours pourpre. À l'étage du dessous, les appelés ne bénéficient certes pas du même standing, mais ils doivent tout de même avoir conscience de voyager dans des conditions infiniment plus confortables que s'ils avaient dû se contenter d'un vieux rafiot de l'US Navy.
Entre Schubert et Tchaïkovski, je me surprends parfois à oublier que nous croisons en zone de guerre, dans des eaux semées de dangers, mais j'ai à présent tout loisir de réfléchir à ceux qui m'attendent. Au cours de ces trois jours où j'ai été souffrant, après notre départ de Boston, je suis resté de longues heures sur le pont. Malgré toutes ces années passées à Easton ou à l'école de Droit, qui ont fait de moi un homme cultivé (c'est du moins ce que j'ose espérer !) et un juriste accompli, je crois que je ne parviendrai jamais à me défaire tout à fait de mon côté provincial, voire rustaud.
(...)
Mais il se fait tard et on me dit que nous allons devoir affronter une zone de gros temps, dans les heures qui viennent. Je vais donc tâcher de dormir un peu, tant que ça reste possible.
Bonne nuit, ma chérie. À tout de suite, dans mes rêves !
À toi, pour toujours,
David


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