Auteur : Marie-Charlotte Delmas
Date de saisie : 19/02/2007
Genre : Folklore Moeurs et coutumes
Editeur : Omnibus, Paris, France
Prix : 26.00 € / 170.55 F
ISBN : 2-258-07331-6
GENCOD : 9782258073319
Sorti le : 08/02/2007
Toujours en quête d'une âme à saisir ou d'un innocent à posséder, le diable invente mille perfidies pour parvenir à ses fins.
Il a ses fidèles serviteurs, sorciers et sorcières qui l'honorent au sabbat et répandent charmes et maléfices. Puisés dans le folklore populaire français, voici les contes et légendes qui mettent en scène le Prince des Ténèbres et ses créatures.
Née à Toulouse et spécialiste des croyances populaires, Marie-Charlotte Delmas est docteur en sciences du langage et conservateur en chef de bibliothèque.
Extrait de la préface :
Après avoir traité dans les volumes précédents des esprits de la nature et des entités de l'au-delà, c'est au diable et à ses serviteurs qu'est consacré ce dernier volet du Grand Légendaire de France. Principe du Mal relégué dans les Ténèbres, le Prince de l'Enfer semble se plaire sur terre, si l'on en croit le grand nombre de récits qui le mettent en scène. Il faut dire qu'il n'est pas tout seul. Sous le terme de diable (du grec diabolos, diviseur) se cache une myriade de démons, plusieurs millions selon les surprenants décomptes des démonologues des XVe et XVIe siècles. En quête d'une âme à saisir ou d'un innocent à posséder, le Malin, qui ne l'est pas toujours, invente mille et un tours pour arriver à ses fins. Il a à son service des serviteurs fidèles, sorcières et sorciers, qui l'honorent au sabbat et répandent autour d'eux charmes et maléfices. Si l'Eglise multiplie les représentations monstrueuses de diables cornus, afin d'épouvanter les fidèles, la majorité des contes populaires n'adhère pas à cette théâtralisation démoniaque. Le Diable rustique, plus humanisé, reste un personnage craint, mais les nombreuses histoires qui appartiennent au cycle du «diable berné» montrent que l'on peut facilement déjouer ses perfidies. Il ne devient véritablement démoniaque que lorsqu'il se trouve lié aux pratiques de sorcellerie. C'est dans ce corpus d'histoires que l'influence du Clergé se fait le plus sentir. La représentation des sorcières et des agissements du diable qui émerge des récits collectés au XIXe siècle est très proche de celle que les conciles commencent à construire au XVe siècle et que les inquisiteurs préciseront au fil des nombreux procès pour sorcellerie. Mais le diable ne se contente pas de venir tenter les humains, il se plaît aussi à prendre possession de leur corps. Si les actes de possession sont rarement présents dans les récits populaires, c'est probablement parce que nous entrons là dans le domaine du «réel». Des exorcistes sont encore en activité de nos jours et il semble que ce sujet soit tabou pour le peuple qui ne se risque pas à l'évoquer. Lorsque les folkloristes rapportent les histoires des possessions célèbres dans leur province, c'est essentiellement à titre de complément «historique» à leur enquête. L'exorcisme, conte relevé par Fleury en Normandie, est l'une des rares histoires sur ce thème.
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