Auteur : Pierre Haïat
Date de saisie : 19/02/2007
Genre : Littérature Etudes et théories
Editeur : le Cherche Midi, Paris, France
Collection : Espaces
Prix : 15.00 € / 98.39 F
ISBN : 978-2-7491-0499-7
GENCOD : 9782749104997
Sorti le : 08/02/2007
Si le mariage a largement inspiré poètes et écrivains d'hier et d'aujourd'hui, c'est parce qu'il est une étrange alchimie, chargée de mystère, où doivent se conjuguer sans cesse l'amour et le quotidien. Depuis les premiers émois de la rencontre jusqu'au moment où il faut apprendre à vieillir ensemble.
Ce mystère intrigue et fascine. Pourquoi elle ? Pourquoi lui ? Et pas un(e) autre ? Quels sont les chemins qui amènent des êtres à se reconnaître pour donner sens à une promesse ?
Ce florilège de très beaux textes - émouvants, tendres ou passionnés - célèbrent la joie d'être à deux. Il nous invite à tenter cette aventure merveilleuse et à suivre le conseil du philosophe qui, dans sa grande sagesse, affirmait : «Dans tous les cas, mariez-vous !»
Pierre Haïat a déjà publié plusieurs anthologies.
Commencements
LÉGENDE ARABE
C'EST TOI
Lorsque l'adolescente nocturne fut arrivée devant la cabane dont la seule issue sur le dehors était une porte si exiguë que seul un corps glorieux aurait pu se glisser dans son ouverture, elle entendit, dans le silence de l'aube, sangloter à l'intérieur celui qui la pleurait comme on pleure les morts.
Et elle frappe à la porte et la voix demande de l'intérieur : «Qui est à la porte ?»
Elle répondit : «C'est moi.»
Alors il y eut un grand silence, et les arbres eux-mêmes cessèrent leur murmure et ne laissèrent plus fuser les premières notes des oiseaux chanteurs. Mais la voix ne répondit pas de l'intérieur et la porte exiguë ne s'ouvrit pas...
Alors l'adolescente s'enveloppa du voile de la méditation et, sans une plainte, sans un soupir, elle s'étendit à terre contre la porte.
Et toute la journée et toute la nuit, elle resta étendue, la tête enfoncée dans le voile de la méditation, et elle mûrissait ainsi en son coeur la notion essentielle qui veut que les privilégiés de l'Amour meurent d'abord complètement à eux-mêmes avant de se présenter devant l'Amour.
C'est pourquoi, prête désormais à aborder la porte, elle se leva et alla d'abord s'abluer à la rivière, puis d'un pas assuré elle revint vers la cabane et heurta la porte.
Et la voix demanda de l'intérieur : «Qui est à la porte ?»
Et l'adolescente, cette fois, répondit : «C'est toi.»
Et la porte s'ouvrit d'elle-même...
Et le reste est le mystère des privilégiés de l'Amour.
(in Paroles pour un amour, par Jean Puyo,
Éd. Droguet et Ardant, 1995)
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