Passion du livre - tout sur le livre : La ligne de crête

.. La ligne de crête

Couverture du livre La ligne de crête

Auteur : Jacques Ancet

Date de saisie : 00/00/0000

Genre : Poésie

Editeur : Tertium, Cambes, France

Collection : Pays d'encre

Prix : 9.50 € / 62.32 F

ISBN : 978-2-916132-09-9

GENCOD : 9782916132099

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  • La dédicace de l'auteur

Qu'attendais-je en m'installant au pied de cette montagne, il y a bientôt quarante ans ? A l'époque, je ne pouvais le savoir. Savais-je même que j'attendais quelque chose ? Il y avait simplement cette attirance vague et particulière à la fois pour ces contreforts-là des alentours de la ville (qui m'en proposait beaucoup d'autres), comme si une présence y veillait.
Aujourd'hui, je l'éprouve toujours, tout aussi insaisissable, mais plus nette parce que plus consciente. Le tambos disaient les Grecs. Le saisissement devant la présence d'une force naturelle ou divine. Et c'est ça peut-être bien. Le regard monte vers la face de pierre. Il en suit les lignes, les ressauts, les cassures, comme autant de hiéroglyphes qui ne donnent à déchiffrer que l'incessant passage des jours, leurs nuances, leurs éclats.

Jacques Ancet



  • La présentation de l'éditeur

Le chat, le pré, le chêne, la forêt, la roche, les nuages. Le regard monte, circule, cherche, s'arrête, repart. Qu'est-ce qu'un paysage sinon cet échange ? Cette pénétration du dedans par le dehors et l'inverse. Au point qu'il n'y a plus, du corps à la ligne de crête, que ce continu de mots, de formes, de rêves, de couleurs, de souvenirs et d'air qu'on appelle l'espace.

Jacques Ancet est né en 1942. Originaire de Lyon, il vit et travaille en Haute-Savoie. Prix de poésie Charles Vildrac 2006 de la Société de Lettres et Heredia 2006 de l'Académie Française.





  • Les premières lignes

Qu'est-ce qu'un lieu - ce qu'on ap­pelle un lieu ? Non pas l'en face du paysage, la distance du panorama, mais cette configuration singulière où, sans qu'on l'ait ni prévu ni voulu on se découvre soudain là, au centre. De quoi on ne le sait pas. Mais on est dans un espace où habiter, où découvrir, une fois encore, que quelque chose commence, ne cesse de commencer et qu'on commence avec. Comme parfois au détour de tel chemin, la surprise d'un jardin entrevu -l'obscur d'un tronc, le vert liquide de l'herbe et des feuillages - par la porte entrebâillée d'un mur. Ou, plus sim­plement, ce coin de place au soleil, ce banc à l'ombre de trois peupliers sur lequel on attend. Car c'est peut-être l'attente qui fait le lieu. Tout ce que le corps et le regard y mettent de vie pressentie et promise. En ce sens, n'importe quel morceau d'espace peut devenir un lieu, pour peu que l'habite l'intensité d'une attente qui est moins peut-être celle de ce qui vient que de ce qui revient. Quelque chose comme un grain d'enfance. Et tout se met à briller.


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