Auteur : Pierre Cayez | Serge Chassagne
Date de saisie : 17/02/2007
Genre : Biographies, mémoires, correspondances...
Editeur : Picard, Paris, France
Prix : 39.00 € / 255.82 F
ISBN : 978-2-7084-0790-9
GENCOD : 9782708407909
Sorti le : 07/02/2007
Lyon, célèbre pour ses soieries depuis la Renaissance, est, au XIXe siècle, une fois effacées (mais non oubliées) les séquelles de la terrible crise de 1793, un important foyer d'industries (textile et chimie) et de services (bancaires, ferroviaires et gaziers). La biographie sérielle d'une soixantaine d'entrepreneurs actifs à la période du Second Empire, dont plusieurs président la prestigieuse chambre de commerce locale, permet de mieux comprendre les atouts de la place qui domine largement l'espace rhodanien, et aussi l'extraordinaire accumulation de capital qui en résulte en une ou deux générations. Le paradoxe de la période est pourtant que le RL.M. (constitué en 1857) qui relie Lyon à la Méditerranée soit l'oeuvre de (capitalistes) parisiens au détriment des Lyonnais pionniers en la matière (faut-il rappeler que le premier chemin de fer tiré par une locomotive à chaudière tubulaire arrive à Perrache en 1832 ?). Mais jusqu'à une date récente, le Crédit Lyonnais, né au Palais du commerce en 1863, était la première banque française.
Le volume est le neuvième de la collection Les patrons du Second Empire dirigée par Dominique Barjot. Il s'inscrit dans le cadre d'un vaste programme de recherche lancé par l'Institut d'histoire moderne et contemporaine (IHMC) du CNRS et poursuivi par le Centre Roland Mousnier de l'Université Paris-Sorbonne (Paris IV) et par le Centre de recherche sur les économies, les sociétés, les arts et les techniques (CRESAT) de l'Université de Haute-Alsace.
Pierre Cayez, professeur émérite d'histoire contemporaine à l'université de Grenoble II s'est imposé par sa thèse de 1977 comme l'historien de l'industrialisation lyonnaise au XIXe siècle.
Serge Chassagne, ancien directeur du Centre Pierre Léon, professeur émérite d'histoire moderne à l'université de Lyon II, est un historien du textile et de ses patronats de part et d'autre de la Révolution française.
Extrait de la présentation :
Lyon et sa région
Notre propos est large, peut-être ambitieux, puisque nous souhaitons intégrer dans notre étude la ville-centre, métropolitaine - Lyon - et les quelques départements périphériques de son aire d'influence qui, plus tard, au XXe siècle, constitueront la région Rhône-Alpes. Même si l'on a pu dénoncer quelque artificialité dans les régions actuelles, on peut souvent discerner dans le passé les signes avant-coureurs d'unité contemporaine en cours de renforcement. Dès le XVe siècle, avec la création par la monarchie des quatre foires de Lyon, puis au temps des guerres d'Italie, Lyon s'est révélé un extraordinaire carrefour commercial, favorisé par sa situation géographique, au confluent de la Saône et du Rhône, proche par la voie d'eau de la Bourgogne, d'où viennent les blés et les fers, de la Bresse, de la Savoie et en amont de la Suisse, riches en hommes et en produits de consommation courante, indispensables aux armées du roi (poissons, viande et produits laitiers ; toiles et armes, plus tard horlogerie). Lyon, sans cesse enrichie de l'apport de ses immigrants, est à la fin de l'Ancien Régime la seconde ville du royaume, après Paris. Déjà une véritable capitale économique, mais sans fonction politique majeure (elle n'a en effet ni Parlement, ni cour souveraine ; seulement au XVIIIe siècle une Cour des monnaies sans grand relief). Et l'intendance du Lyonnais, établie sous Richelieu, ne comporte que les sénéchaussées du futur département révolutionnaire de Rhône-et-Loire (Lyonnais, Beaujolais, Forez, Roannais). L'épisode révolutionnaire, propice aux affrontements de classe brutaux, ruine sa prospérité, entraîne sa destruction physique et morale par la perte (provisoire certes) de son nom («Lyon n'est plus», décret de la Convention du 12 octobre 1793), et rétrécit durablement son influence administrative au seul département du Rhône (l'un des plus petits de France, avec seulement deux arrondissements). Pourtant, dès le Directoire et avant même l'établissement stabilisateur du régime consulaire, Lyon retrouve son rôle de carrefour économique, avec notamment le retour des grands négociants étrangers. Sa prospérité ultérieure a donc des racines anciennes, que «les Chalier» n'ont pu extirper.
Renoncer par ailleurs à évoquer dans le cadre de cet ouvrage les entrepreneurs de l'Ardèche, de la Drôme et de l'Isère serait les condamner à l'oubli : aucun de ces départements n'offre d'effectifs assez importants pour justifier un volume spécifique.
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