Passion du livre - tout sur le livre : Vieilles peaux

Recherche

Recherche simple
Recherche multi-critères

Vieilles peaux

Couverture du livre Vieilles peaux

Auteur : Anna Rozen

Date de saisie : 16/02/2007

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : Dilettante, Paris, France

Prix : 16.00 € / 104.95 F

ISBN : 978-2-84263-135-2

GENCOD : 9782842631352

en vente sur logo Alapage.com


  • La présentation de l'éditeur

En trois temps, deux nouvelles, Anna Rozen exécute une balzacienne physiologie de la «vieille peau». Créature singulière que cette dernière qui n'a rien de la vieillarde vénérable et échappe à l'archétype de la femme mûre. Tanguante, ballottée entre elles deux, la «vieille peau» vit le passage de l'une à l'autre dans l'amertume inquiète et l'effroi paniqué, giflée par les miroirs, alourdie d'un vis-à-vis tout aussi terne et pareillement fripé. Elle n'est pas vieille mais se sent le devenir. Affaire de conscience plus que de rides, d'anxiété plus que d'artères. Vieilles peaux, celle de Cressida, star des lettres empêtrée dans la gestion de sa mémoire écrite et les bras plutôt ballants de ses secrétaires successifs. Puis celle de Marthe, la Marthe de Fernand, pour qui le temps s'égoutte et la vie s'arthrose. Peaux en plis tristes et piquées comme de vieux miroirs. En clôture à cette double déploration et lent naufrage, une pyrotechnique valse des consciences, où l'auteur, en digne Fregoli de la plume, joue de tous les personnages, peaux aussi vite quittées qu'endossées : à l'arrivée «il n'y a personne. Que vous, Et moi». Anna Rozen.

Anna Rozen espère bien devenir une vieille peau un jour, dans très longtemps. En attendant, elle écrit parce qu'elle ne peut pas s'en empêcher, pour son plaisir, celui de son éditeur et pour vous aussi bien sûr.





  • Les premières lignes

Il était temps

La vie de Cressida Bloom lui avait toujours apporté beaucoup de satisfactions. Au bord de la soixantaine, d'un côté ou de l'autre, elle comptait bien en obtenir encore quelques-unes.
Jusque-là, elle avait été d'une modestie exemplaire, accueillant le succès de ses livres avec toute la grâce discrète qu'on attendait d'elle, se pliant avec gentillesse et simplicité aux difficiles exercices de l'interview, de la réception de prix, de la séance de signatures.
Bientôt pourtant, il faudrait songer à la postérité. Elle avait beau jouir d'une vraie santé morale et physique, elle ne pourrait pas indéfiniment servir de support à ses oeuvres. Les livres allaient rester, bien sûr, dans les librairies, à la Bibliothèque nationale et, plus important encore, dans le coeur de ses lecteurs, mais il y avait tous les autres écrits : sa correspondance, ses carnets graffités de notes préparatoires, et plus précieux que tout, ses journaux intimes. Des années de sa vie racontées jour après jour en toute sincérité, sans rien gommer de ses travers personnels ni de ses caprices réguliers. Des carnets de tous styles et formats, farcis de son écriture fébrile, de plus en plus difficile à déchiffrer. Cette masse accumulée dans des cartons, des valises, des dossiers, rangée au fur et à mesure, sans ordre véritable ni organisation, elle avait très vite renoncé à s'en occuper elle-même. C'aurait été au détriment de son oeuvre en cours et ses rares tentatives lui avaient semblé pénibles. Elle y pensait souvent ces derniers temps, rêvait de rangements frénétiques et labyrinthiques qui tournaient au cauchemar. Elle avait le sentiment qu'il lui faudrait se décharger de ce souci sur une personne de confiance si elle voulait garder intactes son inspiration et sa santé mentale. Une personne de confiance... L'expression dessinait sur son visage un sourire las et nostalgique dont elle goûtait l'empreinte comme un miel. Avait-elle jamais eu confiance en quiconque ? L'amour bien sûr, la liste était longue, mais la confiance ? Son ex-mari ?


Copyright : Studio 108 2004-2009 - Informations légales - Vous êtes éditeur ?
Programmation : Olf Software - Infographie, XHTML/CSS : Gravelet Multimédia - Graphisme : Richard Paoli