Auteur : Nigel Barley
Traducteur : Bernard Blanc
Date de saisie : 26/03/2007
Genre : Biographies, mémoires, correspondances...
Editeur : Payot, Paris, France
Collection : Voyageurs
Prix : 20.00 € / 131.19 F
ISBN : 978-2-228-90169-7
GENCOD : 9782228901697
Sorti le : 01/02/2007
Nigel Barley, qui fut conservateur au British Museum, s'est rendu célèbre pour avoir marié dans ses livres l'ethnologie à l'humour.
Le voici de retour avec une biographie d'Anglais téméraire, excentrique et voyageur. Né en 1803 à Bénarès, James Brooke fit ses armes dans la Compagnie des Indes orientales puis acheta une goélette avec l'argent légué par son père. Devenu mercenaire au service du sultan de Brunei, il combattit rebelles et pirates. Pour le remercier, on lui offrit le Sarawak, territoire de Bornéo où vivaient des coupeurs de têtes invétérés, les Dayaks.
Le règne du Rajah blanc, qui débuta en 1841, établit la dynastie des Brooke jusqu'en 1946. Le biographe conjugue ici ses talents d'humoriste, d'anthropologue et d'écrivain ; ce n'est pas de trop pour décrypter un personnage des plus complexes qui, s'il fut reçu par la reine Victoria à Windsor avec tous les honneurs dus à un rajah, eut bien du mal à obtenir de la Grande-Bretagne la reconnaissance du Sarawak comme Etat indépendant.
Il mourut en 1868 au fin fond du Devonshire, presque oublié des Anglais mais devenu une figure de légende à Bornéo.
Né en 1947, Nigel Barley est l'auteur chez Payot de plusieurs livres couvrant les genres du récit de voyage, de la biographie et même du roman : Un anthropologue en déroute (1992), Le Retour de l'anthropologue (1994), L'anthropologie n'est pas un sport dangereux (1997), L'anthropologue mène l'enquête (2000) et Le Dernier Voyage du révérend (2001).
Que ceux qui connaissent les aventures jubilatoires de l'anthropologue Nigel Barley y aillent sans crainte, et que les autres y courent dare-dare. Sept ans après L'Anthropologue mène l'enquête ("Petite Bibliothèque Payot", 2002), le ci-devant conservateur du British Museum est de retour avec une biographie : Un rajah blanc à Bornéo...
N'attendez pas un traité sur les moeurs du Sarawak et ses Dayaks. Ce qui intéresse Nigel Barley, plus que le "Disneyland tropical", c'est d'aller fourrer son nez derrière les coulisses de l'aventure coloniale et d'y écouter, amplifiés, les grincements de l'Angleterre victorienne au faîte de sa gloire - au risque de se noyer en route dans ses archives pléthoriques ou dans la recherche d'un fils naturel insaisissable. Nigel Barley atomise le folklore de son sujet. Dès que le sérieux du biographe le guette, il esquive en passant du particulier au général...
Barley est "postfreudien", "postcolonial", "postmoderne", dépouillé de tous les préjugés identifiables, comme l'âme d'un oignon. Lord Jim, qui est la plus belle descendance de Sir James, n'est jamais nommé. Le héros que Joseph Conrad a créé à partir du rajah blanc est sans doute trop tragique pour être accueilli dans la famille de l'anthropologue.
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