Passion du livre - tout sur le livre : Le basilic et la turquoise : Botticelli, vivre

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Le basilic et la turquoise : Botticelli, vivre

Couverture du livre Le basilic et la turquoise : Botticelli, vivre

Auteur : Olympia Alberti

Illustrateur : calligraphies Colette Ottmann

Date de saisie : 15/02/2007

Genre : Arts

Editeur : les Petites vagues, La Broque, France

Prix : 18.00 € / 118.07 F

GENCOD : 9782915146295

Sorti le : 23/10/2006

en vente sur logo Alapage.com


  • La présentation de l'éditeur

Dans ses visages peints, dans les voiles qui dénudent les corps plus qu'ils ne les masquent, vous pressentez un frère - comme toute vision qui prononce l'amour. Vous embrasser, pour vous connaître ? Vous n'avez qu'à regarder les pieds qu'il enserre de résilles d'or, les fleurs qu'il fait jaillir des lèvres décloses - les tentations qu'il déjoue sont les vôtres, les forêts qu'il a ouvertes sont vos rêves, les corps qu'il étreint, vous les avez habités.
Est-ce qu'au premier regard vous n'avez pas su, (...) qu'il aimait les nuits de jasmins, les matins d'heures sans hâte, les soirées poudrées de lune, qu'il désirait plus que toute merveille approchée, s'unir à lui-même, réconcilier la gravité et l'allégresse, la saveur et la prière, l'ardeur et le renoncement, le don et la contemplation, qu'il aimait le basilic sur les pâtes fraîches et après une saveur si pénétrante, si libre que d'insaisissable, elle devenait une part d'être-là sans définition possible, qu'il demeurait longtemps, tout écart aboli, entre le bronze d'un coeur et la perle d'une âme, à noyer ses yeux dans une soie turquoise.» O. A.




  • Les premières lignes

Naissances

Se défaire de l'étroite peau, se trouver, se reconnaître. Quand saurons-nous ? Des milliers d'années que la Beauté avance, des milliers d'années que dans la lente éternité de son pas, Elle cherche les âmes vouées à cette attente, Elle espère leur écho - une assomption.
Quand Elle le voit, un éclat de joie La soulève, Elle sait, et radieuse, le touche au front, imperceptible et sûre.
Il court dans la rue, ns sait rien de la Dame qui le regarde, il a cinq ans, il suit les bonds du chat, l'appelle - gato, gatino... -, le saut souple de ses membres le fascine, il s'échappe des livres et des maîtres, à son tour chat, liberté, il a onze ans, il court vers les ateliers des peintres, s'y blottit, y entrevoit des statues grecques, nues, des épaules, des hanches, des copies et des peintures, partout débordant, des dessins qui montrent plus que ses yeux ne voient en regardant les corps ; il court, il s'étourdit aux arabesques des papillons jaunes, dans le ciel sans fond du printemps, il a dix-sept ans, boucles châtain doré comme l'ombre de Venise dont lui parle son oncle, il est dans la fraîcheur d'une aube florentine qui reste aux volets à peine entrebâillés, aux persiennes closes, et ne s'offre qu'à celui qui a soif et qui cherche. Il a soif d'un rire pur, si près des larmes, de crier qu'il est dans la connaissance de sa vie, ce bouleversement lui est une certitude, il dévale la descente, le battement dans la gorge, il court, et enfin s'arrête.


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