Auteur : Monique Pavillon
Date de saisie : 03/08/2007
Genre : Sociologie, Société
Editeur : Antipodes, Lausanne, Suisse
Prix : 23.00 € / 150.87 F
GENCOD : 9782940146932
Que l'histoire des femmes et des rapports de genre s'inscrit de plein droit dans l'histoire sociale, économique, politique et culturelle, tout en l'éclairant d'une autre manière, voilà ce que montre la douzaine d'articles réunis dans ce volume.
Au fil des pages, c'est tout un pan du paysage riche et contrasté de la Suisse à l'aube du XXe siècle qui se renouvelle. À suivre des itinéraires singuliers qui rejoignent le collectif, on assiste à la socialisation d'une enfant de la bourgeoisie, aux dures conditions de vie des femmes paysans de montagne, au combat des artistes femmes pour se faire reconnaître, aux progrès dans l'instruction des jeunes filles des classes moyennes et à la naissance d'un prolétariat intellectuel féminin.
Le féminisme d'alors se teinte des modalités des premières prises de conscience de genre, et se clarifie avec la mise en perspective des influences qui orientent ses luttes.
Extrait de l'avant-propos de Hans Ulrich Jost :
Vers la fin des années 70, au moment où sortait l'étude pionnière de Louise A. Tilly et Joan W. Scott sur Women, Work and Family, l'histoire des femmes faisait une timide apparition dans l'enseignement universitaire suisse. Des cours et/ou séminaires avaient lieu à Zurich (Rudolf Braun), à Bâle (Regina Wecker et Paul Guggisberg) et à Lausanne (Peter Rück), pour ne mentionner que quelques exemples. Une décennie plus tard, la Société générale suisse d'histoire signalait son intérêt par l'envoi d'un délégué au XVe Congrès international des sciences historiques, dont le programme avait intégré une section intitulée «La femme dans la société» (dirigée par Claude Fohlen). Toutefois, les publications et les recherches faisaient encore largement défaut; reposant sur le bon vouloir des professeurs, elles n'étaient en ce sens nullement garanties, pas plus qu'aujourd'hui d'ailleurs. C'est donc grâce à l'opiniâtreté de quelques universitaires féministes, assistantes et étudiantes pour la plupart, que cette nouvelle discipline prend un véritable essor et se dynamise au cours des années 80. Voit ainsi le jour, à Bâle en 1983, le Congrès des historiennes (Schweizerischen Historikerinnentagung), premier d'une série de colloques dont les travaux témoignent de l'élargissement des démarches en matière d'histoire des femmes, puis de leur complexification avec l'avènement des gender studies. Outrepassant les études monographiques, quelques ouvrages s'ouvrent désormais sur des champs plus vastes, pour proposer quelques années plus tard des approches plus subtiles sur l'évolution des normes et des hiérarchies sociales entre les sexes.
À la section d'histoire de l'Université de Lausanne, des démarches analogues prennent peu à peu leur place au sein des enseignements. Pour notre part, c'est en 1984, dans la série Histoire et Société contemporaines, que nous avons publié un mémoire de Danielle Javet sur La prostitution à Lausanne au XIXe siècle. Deux ans plus tard s'ajoutait une riche étude de Monique Pavillon sur La femme illustrée des années 20.
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