Auteur : Michel Deguy
Date de saisie : 11/02/2007
Genre : Poésie
Editeur : Galilée, Paris, France
Collection : Lignes fictives
Prix : 16.00 € / 104.95 F
GENCOD : 9782718607375
Sorti le : 08/02/2007
Il y eut quelqu'un ; il y eut personne ; personne d'autre ; ce qui veut dire «lui-même» ; toi-même et personne d'autre. Tu étais personne d'autre; mon être cher, mon être.
Penser, c'est penser à toi. Ou plutôt, penser à toi, c'était penser. Et je veux bien croire que l'amour et la personne, cette relation, cet existential, aura été chrétien, notre façon d'aimer. La façon d'aimer et la théologie ressassante du dieu-personne ont grandi ensemble, s'éduquèrent mutuellement ; et notre amour fut courtois et chrétien, et la «charité» y contribua, et l'injonction au «prochain», et tout ça.
2006
A ce qui n'en finit pas peut-il y avoir une suite ? La réponse, évidente, serait même une simple tautologie. Mais si j'écris : «à A ce qui n'en finit pas, peut-il y avoir une suite», la réponse d'espoir pouvait être non.
Il y en eut une ; il y en a une. L'être dont parla le thrène, sous l'initiale R., le petit-fils, l'aimé, n'est plus. Est arrivé ce qui n'était pas écrit.
«Penser à» ne dit pas assez justement comment le chagrin se tourne vers ceux qui ne sont plus parmi nous ; l'expression dit plutôt cette manière entrecoupée dont nous nous rapportons à ceux avec qui nous pouvons encore nous retrouver. «Tiens ! Je pensais justement à toi !...» Ceux qu'on ne reverra pas sont avec nous plus intimement. Nous les transportons.
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