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Au royaume des femmes

Couverture du livre Au royaume des femmes

Auteur : Irène Frain

Date de saisie : 16/02/2007

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : Fayard, Paris, France

Collection : Littérature française

Prix : 24.00 € / 157.43 F

GENCOD : 9782213622590

Sorti le : 03/01/2007


  • La présentation de l'éditeur

Fin 1923, sur la foi du récit d'un espion britannique et de vieux textes chinois, l'Américain Joseph Rock se lance à la recherche d'une montagne plus haute que l'Everest. Il veut y dénicher, au passage, une étrange tribu matriarcale : le Royaume des Femmes. Entre Chine et Tibet, assure-t-il, vivraient les ultimes descendantes des Amazones...
Depuis sa Vienne natale, ce jeune séducteur a déjà bien roulé sa bosse. Autodidacte surdoué et fieffé filou, il s'est insinué comme botaniste à Harvard grâce à un faux diplôme et ambitionne de devenir le journaliste vedette du National Géographie. Avec le même brio, il convainc patrons de presse et savants austères de financer sa folle expédition...
Princes décadents, monastères en transes, collectionneurs de pivoines rares, provinces figées dans un temps immuable, femmes toutes plus fascinées par son charme et ses excentricités : après une longue enquête sur les traces de Joseph Rock, Irène Frain ressuscite ici son parcours, avec le même souffle que dans Le Nabab ou Devi. De péripéties en rebondissements, il finit par mettre au jour une culture immémoriale, des manuscrits secrets et jusqu'à une écriture inconnue. Attachant et cocasse, Rock, «l'homme qui sauva les livres et les plantes», entraîne le lecteur dans les vallées perdues du Royaume des Femmes.




  • La revue de presse Karine Papillaud - Le Point du 15 février 2007

Le nouveau livre d'Irène Frain, «Au royaume des femmes», se résume en une exclamation : quel homme ! Cette incroyable histoire, que l'auteur, une universitaire rigoureuse, préfère intituler «roman», raconte la vie trépidante d'un homme dont les aventures décourageraient l'imagination du meilleur écrivain...
Près d'un siècle plus tard, Irène Frain est partie sur ses traces, enquêtant, consultant les documents et les clichés photographiques de Rock, remontant le fil de l'aventure pour dessiner le portrait vivant de cet Humboldt des temps modernes. Au cours des 600 pages d'un livre incroyablement riche, elle raconte, au rythme d'un thriller mais avec la précision de l'historienne, la fantastique aventure qu'on n'ose croire réelle.



  • Le message de l'auteur

irène frain - 12/02/2007



  • Le bouche à oreille des écrivains

Françoise Laborde - 31/05/2007



  • Les premières lignes

«C'est arrivé un matin, à mi-chemin entre Pékin et Lhassa. D'un seul coup, l'air est devenu extrêmement limpide et j'ai vu surgir à l'horizon une gigantesque pyramide de neige.
«Je faisais route vers le Fleuve Jaune, dans la seule compagnie de mon muletier. C'était l'an dernier, le 26 mai très exactement, aux confins du Tibet. La veille, il y avait eu une énorme tempête de pluie mêlée de neige ; j'y avais perdu deux bêtes. J'avais établi mon camp au bord d'un torrent, juste au-dessous du col de Chüri-La, dans une plaine sablonneuse qui s'appelait Luanchan. Je venais de me réveiller.
«Le pic qui se dressait devant moi semblait distant d'une cin­quantaine de kilomètres. Mais j'ai tout de suite pensé que cette proximité n'était qu'un effet de la transparence de l'air ; et je me suis fait la réflexion que la montagne se situait bien plus loin - cent, cent vingt kilomètres au bas mot. Comme je fais toujours, j'ai sorti mon carnet de bord pour y noter mes observations, et j'ai tenté d'estimer son altitude. Je campais moi-même à environ 4 500 mètres. Je l'ai donc jaugée à plus de 8 800. En tout cas, elle dépassait l'Everest d'au moins cinquante mètres. Peut-être même du double. J'étais tombé sur la plus haute montagne du monde !
«J'ai eu une chance folle : il aurait suffi que je traverse la plaine de Luanchan par temps bouché - la veille, par exemple, quand j'ai été pris dans la tempête -, ou simplement si le ciel était resté voilé, comme il arrive souvent là-haut, et je n'aurais rien soupçonné de ce pic magnifique. Car il ne figure sur aucune carte ! À mon retour de Lhassa, dès que j'ai été remis de ma thrombose au mollet, je me suis précipité à la Bibliothèque des Armées, à Calcutta, pour m'assurer que la montagne était restée inconnue des géographes. Et au Service des Cartes, comme prévu, sur tous les relevés que j'ai pu dénicher, entre la Chine, la Mongolie, le Tibet et le Setchwan, rien ! Un océan de blanc ! Seuls deux ou trois atlas mentionnent l'existence d'un énorme massif, au sud du lac Kokonor. Des noms très incertains : Amnia Macher, Maqu, Machu, Amnié Machin, Anye Maqen - tout, et n'importe quoi !
«Et aucun moyen de vérifier que la montagne que j'ai vue se dresser au bout de l'horizon au matin du 26 mai dernier est bien le pic le plus haut de la planète. D'après le superviseur du Service des Cartes, aucun Occidental ne s'est jamais risqué par là.


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