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Le secret d'octobre

Couverture du livre Le secret d'octobre

Auteur : Jean-Claude Di Ruocco

Date de saisie : 11/02/2007

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : Transbordeurs, Marseille, France

Collection : Roman

Prix : 15.00 € / 98.39 F

GENCOD : 9782849570746

Sorti le : 01/02/2007

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  • La présentation de l'éditeur

Depuis la mort de sa femme, Marcus Falsetti occupe encore la petite maison du quai des Fusillés à Martigues. Il refait le monde avec ses amis au bar La Petite Reine, écrit toujours des romans que personne ne lira et des poèmes qui font le bonheur de Lisa, sa petite fille. Il regarde couler les jours, entre la mer et l'étang de Berre, avec dans le coeur la sérénité d'un homme qui a appris à faire son deuil des bonheurs anciens et à accepter les erreurs qu'il a commis. Tout pourrait aller pour le mieux dans le meilleur des mondes, mais les fantômes du passé vont ressurgir, lorsqu'un touriste allemand disparaît durant une soirée du Festival de Folklore de la ville, et qu'un jeune inspecteur parisien débarque sur le quai pour mener une enquête de voisinage.
Au travers de ce roman, empreint de mystère et de poésie, Jean-claude Di Ruocco nous entraîne dans un univers haut en couleur, à la rencontre de personnages attachants. Il prend aussi le temps de nous offrir une belle histoire d'amour, même si l'inéluctable dénouement de son récit est la preuve que dans des petites villes, aussi paisibles que Martigues, il y a des secrets qu'il vaut mieux ne jamais connaître...

Ancien typographe, natif de Marseille, Jean-Claude Di Ruocco vit à Martigues sur les rives de l'étang de Berre. Chroniqueur littéraire, fortement sensibilisé aux grands enjeux et aux grandes causes, son écriture oscille entre apologie du banal et rébellion.




  • Les premières lignes

Le jour se lève sur Martigues, lent baiser qui rougeoie au miroir mouvant de l'étang de Berre où les quais baignent leurs pierres blanches. Caressées par les flots, encore noirs d'une nuit qui s'enfuit, les barques marseillaises oscillent doucement. Leurs panses rebondies, aux couleurs écaillées, se frôlent et murmurent le chant lancinant d'un matin d'automne. L'haleine des canaux dépose une empreinte humide sur les pavés brillants où s'accroche l'éclat pâlissant d'un soleil engourdi.
Le quai des Horizons Lointains est désert. Les maisons, collées les unes aux autres, forment un arc de cercle. Les façades usées par le vent salé qui encore frappe aux fenêtres closes, pleurent des larmes de sel, longues balafres d'écume figées sur les enduits sans couleur.
Une porte s'ouvre, des soldats en franchissent le seuil. Les insignes de la 358e Division de Rostock brillent sur leurs cols vert-de-gris. Ils sont six plus un officier et encadrent deux jeunes civils. Alors qu'ils se dirigent vers la rue des Deux Songes, un prisonnier bouscule violemment l'un des Allemands qui, sous le choc, lâche son fusil. L'arme rebondit sur les pavés et le coup part. L'officier vacille, il porte la main à son cou où la balle a tracé une estafilade sanglante. Les soldats qui ont maîtrisé les deux prisonniers les poussent au bord du quai. Le blessé est furieux, il hurle des ordres à un de ses hommes mais ce dernier refuse d'obéir, alors il lui arrache son fusil des mains avec rage et, sans aucune hésitation, abat les jeunes gens. Les soldats restent pantois devant la rapidité avec laquelle il a agi. Un des prisonniers se traîne sur le sol. L'officier sort son Mauser et lui loge une balle dans le crâne, puis, tout en rangeant son arme, il lève la tête vers la maison voisine de celle où se cachaient ses victimes. Derrière une fenêtre, un adolescent a assisté à toute la scène. Il ne peut détacher son regard de celui de l'assassin dont les yeux vairons sont une nasse qui soudain l'engloutit...


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