Auteur : Philippe Val
Date de saisie : 10/02/2007
Genre : Humour
Editeur : le Cherche Midi, Paris, France
Collection : Le sens de l'humour
Prix : 16.00 € / 104.95 F
GENCOD : 9782749107455
Sorti le : 01/02/2007
«La famille de gauche est divisée en deux sous-familles, les traîtres et les crétins. Et le divorce menace. Depuis longtemps. On assiste à une longue scène de ménage à côté de laquelle Qui a peur de Virginia Woolf ? ressemble à La Vie en rose.
Dès 1965. il a fallu toute l'habileté du traître Mitterrand pour réussir à mettre dans sa poche les crétins qui avaient soutenu Staline. Lorsque le communisme s'effondra, il se produisit un événement que les traîtres n'avaient pas prévu. L'emprise territoriale du communisme disparut en effet mais, en revanche, le crétinisme survécut.
Si l'on a oublié ce que l'on doit aux traîtres - les libertés publiques, les congés payés, la réduction du temps de travail, la libéralisation des moeurs, j'en passe, et des plus futiles -, on se souvient en revanche avec émotion que les crétins nous ont fait rêver d'un avenir radieux.
Cela dit. en tant que traître, je ne peux pas être objectif. En 1981. ce sont les traîtres qui faisaient rêver. Aujourd'hui, ce sont de nouveau les crétins. Or. de mon point de vue de traître, les dangers que les crétins font courir à l'humanité sont sans commune mesure avec ceux dont les traîtres sont porteurs. Car le traître est prudent, alors que le crétin lâche la proie pour l'ombre.
Prosternation devant les dieux du foot, séisme du non au référendum, mise en cause de la liberté d'expression au nom de principes d'un autre âge : aucun sujet n'échappe à la vigilance ironique et à la plume acérée du traître Philippe Val.
Philippe Val est directeur de la rédaction et éditorialiste de Charlie Hebdo depuis 1992. Il est également chroniqueur à France Inter et i-Télé.
ASTÉRIX, NOUS IMPLORONS TON PARDON
8 juin 2005
Garanti 100 % à base de crottin français.
Putain, je regrette d'avoir voté oui. Aujourd'hui, si j'avais voté non, je pourrais encore marcher la tête haute. Hélas, c'est les yeux rivés sur le bout de mes baskets que j'arpente désormais les rues hostiles... Les preuves que le non avait raison s'accumulent à une telle vitesse qu'il ne m'a pas fallu trois jours pour retourner ma veste. Et si je pouvais la retourner plusieurs fois de suite pour qu'elle soit mieux retournée, je le ferais sans hésiter. Comment, sourd que je suis, n'ai-je pas entendu la voix de la sagesse, alors qu'un ami comme Sine, qui, toute sa vie, a fait preuve d'une lucidité politique sans faille, me montrait gentiment le chemin de la vérité ? Ce ne sont ni les généraux algériens ni Fidel Castro qui me contrediront Comment n'ai-je pas compris, alors que, dès le début de la bataille électorale, le non était donné gagnant par tous les instituts de sondage, que j'aurais dû voler au secours de la victoire et mettre ma plume au service des futurs vainqueurs, lesquels, j'en suis certain, ne se seraient pas montrés ingrats ?
Ah, ce n'est pas faute d'avoir été prévenu. C'est vrai, il est un peu tard pour me rallier au non. Mais, mes amis, mes chers amis, mes très chers amis, convenez avec cette vieille sagesse populaire qui n'est pas pour rien dans votre triomphe qu'il vaut mieux tard que jamais.
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