Auteur : Joyce Carol Oates
Traducteur : Diane Ménard
Date de saisie : 10/02/2007
Genre : Jeunesse à partir de 13 ans
Editeur : Gallimard-Jeunesse, Paris, France
Collection : Scripto
Prix : 9.00 € / 59.04 F
GENCOD : 9782070574681
Sorti le : 18/01/2007
«C'était en novembre, un mardi après l'entraînement de natation.
La chose avec Mr Tracy, le prof d'anglais de Darren.
La chose, c'est en ces termes que Darren y penserait par la suite.
La chose, un mot vague, indéfini.
La chose qui n'était pas arrivée de toute façon.»
Après ce jour, après ce qui s'est passé (mais s'est-il vraiment passé quelque chose ?), la vie est différente. Darren est différent. Rien n'est plus comme avant. Ses amis, sa famille, même les gens censés être des adultes responsables ne sont plus comme il les voyait. En qui Darren peut-il avoir confiance désormais ?
Joyce Carol Dates explore, avec son inégalable justesse, la quête identitaire d'un jeune de seize ans dans un monde où il n'a plus de repères. Et face à une société pleine de préjugés.
On retrouve, comme dans Zarbie les yeux verts, la modernité et l'efficacité de style de ce grand auteur américain, maître du suspens psychologique.
Prix Fémina étranger 2005 pour son roman, LES CHUTES (Ed. Philippe Rey)
Dès qu'il eut seize ans, qu'il s'étoffa et commença à attirer les regards, les choses prirent une drôle de tournure.
Excellent en natation - il avait intégré la meilleure équipe du lycée de North Falls à la fin de sa seconde -, plongeur prometteur, il était, selon l'expression du coach, un «type qui montait», et qui retenait de plus en plus l'attention.
Les gens commencèrent à dire qu'il était vraiment beau. Dans la rue, des filles plus âgées que lui, des femmes d'une vingtaine d'années, parfois, se retournaient pour le regarder. Et même certains professeurs disaient en plaisantant : «Darren Flynn pourrait passer pour le petit frère de Brad Pitt.»
Mais oui, bien sûr ! Darren rougissait, lançait des regards noirs, et retournait sa lèvre inférieure pour avoir l'air le plus laid possible.
Pour cacher ses cheveux d'un étrange or argenté, il portait une casquette cradingue Red Sox, la visière sur la nuque. Un sweat-shirt cradingue aux initiales de son école NFH (North Falls High) violet et crème, usé aux poignets. De vieilles Nike tachées de sel, pointure 45.
Émotif, sa peau se couvrait parfois de boutons à la racine des cheveux. Et en haut du dos, ils brûlaient et grattaient comme de l'urticaire.
Les filles se plaisaient à dire de Darren Flynn qu'il était sexy, mais timide. Ou qu'il était timide, mais sexy.
Darren était un vrai mec. Un sportif à cent pour cent. Souriant et détendu avec ses amis, mais avec les filles, une lumière étrange apparaissait sur son visage, comme si son esprit se vidait brusquement. Comme s'il voyait que les filles étaient attirées vers lui tels ces tristes petits papillons de nuit qui se cognent les ailes et se heurtent entre eux dans un désir frénétique de lumière, et qui, lorsque celle-ci s'éteint, semblent soudain se demander Quoi ? Qu'est-ce qui se passe ? Où est... ?
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