Auteur : Jean-Emile Charlier | Frédéric Moens
Date de saisie : 10/02/2007
Genre : Sciences humaines et sociales
Editeur : INRP, Lyon, France
Collection : Éducation, politiques, sociétés
Prix : 24.00 € / 157.43 F
GENCOD : 9782734210542
Comment les méthodes rendent-elles le social intelligible au chercheur ? Treize contributions proposent des éléments de réponse à cette question au départ de terrains variés et de disciplines diverses. Des politologues, des philosophes, des économistes, des anthropologues et des sociologues y confrontent leurs expériences. En partant de situations concrètes de terrain, ils exposent les problèmes pratiques qu'ils ont rencontrés, les solutions pragmatiques qu'ils ont mises en oeuvre pour observer et décrire.
Ces comptes rendus montrent comment le travail du chercheur en sciences sociales concilie toujours l'indispensable respect des sujets et des situations sous analyse et l'exercice d'un regard nécessairement intrusif.
Le social observé et décrit n'en est pas pour autant intelligible, il ne le devient qu'au terme d'une interprétation qui en organise les composantes. Sous son apparente simplicité, l'opération est complexe, la qualité des garanties qui l'entourent détermine celle de l'explication qu'elle peut suggérer.
Jean-Émile Charlier et Frédéric Moens
Docteur en sociologie de l'Université catholique de Louvain (UCL), Jean-Émile Charlier est professeur aux Facultés universitaires catholiques de Mons (FUCAM) où il dirige le Groupe de recherche sociologie action sens (GRESAS).
Docteur en communication de l'Université catholique de Louvain et membre du GRESAS, Frédéric Moens est professeur au Conservatoire de Bruxelles et enseigne les méthodes de recherche aux FUCAM et à l'Institut des hautes études en communication sociale.
De la construction d'un rapport au monde
En guise de liminaire
Jean-Émile Charlier et Frédéric Moens
Les images sont nombreuses pour décrire ou dénoncer la complexité des rapports qui, en sciences sociales et particulièrement en sociologie, unissent le scientifique à son objet d'étude. La question classique - «l'homme peut-il tout à la fois être l'objet et le sujet d'une science ?» - demeure en filigrane des productions de nos disciplines. Elle est souvent confondue avec celle de l'objectivité, qu'on s'accorde aujourd'hui à considérer définitivement hors d'atteinte, ou de l'objectivation, qui s'y est substituée.
Les sciences sociales sont des sciences historiques (Passeron, 199D, où le chercheur est nécessairement impliqué dans son objet : leur complexité est d'autant plus importante qu'elles sont réflexives, elles parlent de l'histoire et sont dans l'histoire. Un philosophe, Horkheimer, rend bien compte de cette caractéristique. À toutes les oppositions qui structurent le champ scientifique, il substitue l'opposition unique et limpide entre les sciences qui, malgré qu'elles appartiennent, comme toute production culturelle, à un présent historique, s'abstiennent d'en tirer les conséquences (la «théorie traditionnelle») et les sciences qui s'efforcent en outre de thématiser ce présent pour le transformer en objet de connaissance, qui se pensent donc comme profondément liées à lui, et affirment leur vocation à contribuer à ce qu'il soit assumé et transformé pratiquement (la «théorie critique»). Cette différence-là fait apparaître la spécificité des savoirs du présent, au sens où celui-ci est à la fois leur objet et le point de vue auquel ils se placent (Haber, 1998 :9). Pareille conceptualisation rend fort opportunément toute leur dignité aux disciplines capables de puiser dans leur inscription historique les ressources pour produire des théories critiques.
Copyright : Studio 108 2004-2009 - Informations légales - Vous êtes éditeur ?
Programmation : Olf Software - Infographie, XHTML/CSS : Gravelet Multimédia - Graphisme : Richard Paoli