Auteur : Giorgio Todde
Traducteur : Vincent Raynaud
Date de saisie : 27/02/2007
Genre : Policiers
Editeur : Albin Michel, Paris, France
Collection : Carré jaune
Prix : 18.50 € / 121.35 F
ISBN : 2-226-17681-0
GENCOD : 9782226176813
Sorti le : 01/02/2007
Une femme électrocutée dans sa baignoire, un homme écorché vif, un autre tué d'une balle dans la bouche...
Dans une petite ville sarde accablée par la chaleur et le mauvais sort, les morts se succèdent. Pour Ugolino Stramini, auteur d'une audacieuse thèse de " climatologie sociale " selon laquelle l'atmosphère influencerait le comportement des hommes, " tout est une affaire de temps ". Tandis que son ami le commissaire Ferfuzio mène l'enquête, une " folle bestialité " semble s'emparer des habitants... Cruel, cocasse et poétique, le nouveau roman de Giorgio Todde, un des plus brillants chefs de file du polar italien, nous immerge au coeur des passions et des pulsions humaines.
Dans la Folle Bestialité, troisième roman traduit en français de Giorgio Todde, on ne sait pas trop où on est, l'histoire se passant de nos jours, quelque part dans une ville maritime, où la vie, l'amour, la mort et tout le reste, vont leur train, lent ou accéléré, selon que les vents soufflent du nord ou du sud, vivifiants ou accablants, comme partout en Méditerranée...
On a parlé de Todde comme d'un auteur de romans noirs métaphysiques. Philosophiques suffirait, de physicien serait plus exact, mais au sens des Présocratiques, quand le sage cherchait le secret du monde autour de lui, dans le jeu entre les composants premiers de la physis, la Nature : l'Eau, le Feu, l'Air, la Terre. L'écriture de Todde, sa phrase même, semble tendre moins à percer ce secret qu'à l'entretenir. Il capte le lecteur, et lui donne en partage un univers mystérieux de signes qu'il doit apprendre à reconnaître.
Un psychiatre à l'air "évolutionniste", un prévisionniste toujours vêtu de gris qui, depuis vingt-cinq ans, observe les nuages, un policier au visage "dodécaphonique", une vraie jeune fille quadragénaire qui entretient depuis douze ans une relation d'amour sublime avec son patron, un jeune homme coprophage, un spécialiste de littérature médiévale affligé de flatulences, bien sûr quelques meurtres... Comme le remarque d'emblée le commissaire Ferfusio, "tout dans cette histoire est irrationnel". Le pari est audacieux : l'intrigue policière ne doit-elle pas nécessairement reposer sur une forme de logique ? La Folle Bestialité n'échappe pas totalement à la règle, simplement les mobiles y sont d'une nature singulière...
Ugolino Stramini portait un de ses costumes gris étriqués. S'agissant du costume de gabardine grise, depuis l'époque du lycée il ne transigeait pas : même pour passer son baccalauréat, il en portait un. Il le considérait comme une parure qui, il en était convaincu, conférait à son corps de petit lévrier quinquagénaire un aspect à la fois digne et agile. Une agilité non musculaire, non visible, pensait-il, mais palpable.
- De l'eau, de l'eau ! De l'eau du ciel !
- Trempés !
- Inondés !
S'exclamaient les trois hommes en blouses blanches. Effrayé, le costume gris d'Ugolino défaillit. Il perdit le contact avec la pièce, sentit que la lumière opaque de cette journée ne le réchauffait plus et soudain il lui sembla ne plus avoir d'avenir devant lui, ni de passé derrière.
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