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Castro est mort !

Couverture du livre Castro est mort  !

Auteur : Didier Goupil

Date de saisie : 08/03/2007

Editeur : Rocher, Monaco, France

Collection : Documents

Prix : 15.00 € / 98.39 F

GENCOD : 9782268059044

Sorti le : 01/02/2007

en vente sur logo Alapage.com


  • La présentation de l'éditeur

Pourquoi va-t-on à Cuba ? Pour le soleil ? Le rhum ? Les Chevrolet d'époque ? Pour la magie de la salsa et de la rumba ? Pour la barbe de Fidel et le cigare du Che ?
Sans doute un peu pour tout ça, et le narrateur de ce livre n'échappe pas à la règle.
Lorsque son avion atterrit à l'aéroport José Marti, la température extérieure est de 27°C, c'est le printemps, et il pense bien poser le pied au Paradis.
Au même moment pourtant, La Havane est le théâtre d'une importante répression policière. Des dizaines de dissidents sont arrêtés, mis au secret et en moins d'une semaine condamnés à de très lourdes peines de prison.
Parmi eux, Juan Valero, qui après avoir été l'un des fils adulés de la Révolution, est peu à peu devenu la figure exemplaire de l'opposition et l'ennemi à abattre.
À travers son histoire, ce sont les cinquante dernières années de l'île qui défilent, rythmées par les ultimes tours de chant des papys de la musique cubaine : Célia Cruz, Compay Segundo ou encore Ibrahim Ferrer.

Didier Goupil est l'auteur de plusieurs romans aux éditions du Serpent à plumes, dont les remarqués Femme du monde et Le Jour de mon retour sur Terre.




  • La revue de presse Christian Authier - Le Figaro du 8 mars 2007

Plus subtilement, il met en scène un écrivain invité à Cuba par l'Alliance française, au moment même où le régime vient de procéder à l'une des plus importantes rafles de dissidents depuis trente ans...
Il flotte sur le cinquième roman de Didier Goupil une douce mélancolie, tempérée par la précision des outrages subis par Juan Valero : parodie de procès, avocat de la défense déclarant avoir honte de défendre un tel client, horreur des conditions de détention... C'est à la prison de Boniato que le journaliste entame sa peine de vingt ans en espérant entendre un jour la seule nouvelle qui le libérera : «Castro est mort.»...
Ce roman, élégant et désenchanté, s'achève en août 2006 quand on pense que le despote va s'éteindre. Reviennent alors les mots d'un innocent sacrifié soufflant : «Je suis seulement un homme qui écrit...»



  • Les premières lignes

Le gros Boeing 747 de Iberia venait d'amorcer sa descente vers La Havane.
Dans quelques minutes maintenant, j'allais atterrir à l'aéroport José Martí.
Il était vingt heures trente, heure locale, et la température extérieure était de vingt-sept degrés centigrades.
Nous étions en mars, tout début mars même, mais il faisait si doux dehors qu'on se serait cru en mai. Au Paradis, apparemment, c'était déjà le printemps.

Au même moment, à quelques kilomètres de là, quelque part dans Centro Habana, Juan Valero, penché sur sa machine, était en train de taper les dernières lignes de son article.
Il écrivait sur une vieille machine portative Consul, dont le chariot rétif claquait brutalement à la fin de chaque phrase.
Il n'avait pas de temps à perdre, car son article fini, il lui faudrait encore appeler son correspondant en Floride et le lui dicter. Celui-ci ensuite le saisirait sur un site Web, où le Miami Herald, puis, si tout se passait bien, les journaux européens le récupéreraient.
La nuit promettait d'être longue et, pour tenir le coup, il s'était préparé une carafe de café dont il avalait régulièrement quelques gorgées brûlantes. Un café très fort et très sucré, comme on le boit ici. Assez mauvais, il faut bien l'avouer, mais c'était celui qu'on achetait avec la libreta, la carte de rationnement. Par souci d'économie, il était mélangé à des chicharos, des pois cassés, d'où son étrange fadeur. Le bon, lui, était réservé aux boutiques à touristes, qui le vendaient en dollars.


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