Auteur : Nadjloudine Abdelfatah
Date de saisie : 15/02/2007
Genre : Théâtre
Editeur : De la lune, Levallois-Perret, France
Prix : 10.00 € / 65.60 F
GENCOD : 9782916735115
Dans le genre théâtral existe une loi qui veut que tout le monde ait droit à la parole. Et j'ai voulu obéir à cette loi pour parler d'un problème qui met à genoux toute la société humaine, parce que toutes les couches sociales s'en sentent affectées. J'écris pour tout le monde, noir, jaune, blanc,... et je sais que l'émigration clandestine est devenue une préoccupation on ne peut plus majeure. J'ose espérer que vous trouverez à travers les lignes de ce livre les larmes d'un peuple soumis à la plus pénible épreuve que puisse connaître l'homme : être obligé à quitter le sol natal. Quand j'ai eu l'idée de débarquer sur la planète des écrivains, je me suis dit que je devrais écrire avec le temps. C'est ainsi que j'ai choisi de vous faire ce superbe cadeau : vous dire pourquoi les jeunes Africains, intellectuels et autres, sont fatigués de la vie en Afrique.
Nadjloudine Abdelfatah
L'Afrique dans la main du diable est une pièce de théâtre portant sur l'émigration clandestine, plus précisément celle des Africains vers l'Europe, avec en toile de fond une interrogation récurrente sur la ou les cause(s) de cette aventure migratoire.
De la prison de Mille portes, où commence l'histoire, à la rencontre des voyageurs clandestins, un diagnostic se fait en Afrique. Tour à tour, les personnages portent de vives réflexions sur les origines de la misère qui y sévit.
Les uns défendent une extrême philosophie patriotique en affirmant que la «belle vie» pourrait se trouver en Afrique, les autres essaient de couvrir l'irresponsabilité de certains chefs d'Etat, source de ces déplacements périlleux.
Cette pièce est une tribune qui offre à des catégories sociales différentes l'occasion de porter une analyse sur la vie actuelle du continent.
Comédien et metteur en scène, Nadjloudine ABDELFATAH est étudiant en Maîtrise de Linguistique à l'Université Cheik Anta Diop au Sénégal.
L'Afrique dans la main du diable est son premier livre.
Scène 1
(A la prison, dans le bureau du commandant. Birahim, seul, balaie, range le bureau et chante. Après, entrera le caporal Sasso)
Sasso : - Birahim ! C'est quoi ce désordre ? Ces cris ?
Birahim : - Quoi ? Qu'ai je fait de mal ? Et en plus je suis venu trop tôt, une heure avant toi et sûrement deux heures avant monsieur le commandant.
Sasso : - Tu n'es qu'un imbécile. Tu ne t'es jamais demandé un jour où tu pourrais apprendre à parler comme il faut à tes supérieurs ?
Birahim : - Mais... je ne vois pas pour quelle raison tu te mets à m'insulter de la sorte. Qu'est-ce que j'ai dit de miraculeux, de bizarre ? Tu ne m'as pas trouvé là ? Montre-moi où se trouve monsieur le commandant. Que ce soit aux supérieurs ou aux intérieurs, il n'y a qu'une manière de parler : être sincère à dévoiler la moindre goutte de vérité.
Sasso : - Et voilà que tu cherches à légitimer tes conneries, à peindre tes sottises. Je te pose une seule question à laquelle tu devras répondre sans réserve : qui, ou de toi, ou de moi, aurait d'ennuis s'il s'absente ou qu'il vienne en retard ?
Birahim : - Si tu t'absentes, la prison ne sera pas ouverte : peine de plus pour les détenus qui ne verront pas la lumière du jour. Si le commandant fait pareil, il n'y aura aucune possibilité de libérer certains uns.
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