Passion du livre - tout sur le livre : L'oubli

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L'oubli

Couverture du livre L'oubli

Auteur : Jean-François Deniau

Date de saisie : 12/03/2007

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : Plon, Paris, France

Collection : Littérature française

Prix : 18.00 € / 118.07 F

ISBN : 978-2-259-20598-6

GENCOD : 9782259205986

Sorti le : 11/01/2007

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  • La présentation de l'éditeur

Fils d'un légionnaire français et de sa compagne annamite, Claude Mader profite d'une mission scientifique au Vietnam pour tenter de retrouver les traces de son père disparu en Indochine en 1951. Parti établir une carte de l'ancien empire champa du temps de sa splendeur, il est pris avec passion par ce double mystère : celui de la disparition hier d'un empire ; celui, aujourd'hui, de la disparition d'un homme.
Et la piste est la même ! De réseau en réseau, de personnages surprenants en personnages étonnants, des bas-fonds de Saïgon aux jungles des hauts plateaux vietnamiens, cette quête entraîne le lecteur dans un voyage extraordinaire sur fond inconnu de trafic d'animaux sauvages. Qui gagnera, le souvenir ou l'oubli ? Tout l'art de conteur de Jean François Deniau pour une histoire superbe.

Né en 1928 à Paris, grand voyageur, Jean François Deniau connaît bien le Vietnam. Ambassadeur, ministre, député européen, marin, membre de l'Académie française, il est aussi un combattant pour la liberté des peuples et un spécialiste des libérations d'otage.





  • La revue de presse François Busnel - L'Express du 1er février 2007

Son nouveau roman sortait en librairie alors qu'il poussait son dernier soupir. Jean-François Deniau n'est plus; un conteur s'en est allé...
Tout, dans ce livre rapide et nerveux, résonne comme un testament. A commencer par cette question, troublante : «Qui gagnera, le souvenir ou l'oubli ?» «L'oubli», tranche Deniau, inhabituellement pessimiste. Pour une fois il se trompe. Le vieil homme a raconté tant d'histoires, endossé tant d'existences qu'il ne peut laisser que des souvenirs. De ces souvenirs joyeux qui, justement, résistent à l'oubli.



  • Les premières lignes

Le tiroir coincé

Raconter l'histoire extraordinaire de Claude Mader en commençant par une très banale et dérisoire scène de ménage peut paraître plutôt malvenu. Et pourtant, le papillon bat des ailes au large du Chili et le tsunami se déclenche sur les côtes du Japon. Constance, la femme de Claude, qui était parfaite, lui reprochait de ne pas être l'homme qu'elle avait épousé. Elle s'était trompée, ce qui voulait dire pour elle qu'il l'avait trompée. Mais d'abord, il faut décrire Claude.
Il était le fils d'un Allemand engagé en 1945 dans la Légion étrangère française, comme beau­coup d'autres, avec contrat de cinq ans pour l'In­dochine. Après un début de licence en droit, il avait été incorporé dans la Wehrmacht à dix-huit ans. Les pertes en officiers et sous-officiers sur le front de l'Est étaient terribles. Il avait déserté, ou simplement repris sa liberté, dans l'effondrement de l'Allemagne en ruine et avait pu atteindre la zone française d'occupation où on savait qu'il y avait quatre bureaux de recrutement de la Légion étrangère. Il n'avait plus ni armée, ni patrie, ni famille. Né à Koenigsberg, en Prusse orientale, la patrie de Kant, Koenigsberg n'était plus allemand, ni même polonais, mais russe. Soldat était son métier, la Légion serait sa famille.
Porté disparu en 1951, quelque part en Indochine au sud du col des Nuages, entre Kontum et Ankhe. Comme beaucoup de militaires du corps expéditionnaire français, il avait une conjointe annamite, qu'on appelait une congaï, et qui suivait les troupes dans l'espoir très incertain d'un mariage, au moins d'un rapatriement en France en fin de période. Les plus heureuses étaient transmises sur place à un collègue au moment de la relève. Une bonne oeuvre de Saigon recueillit le jeune Claude, fils de militaire porté disparu. Aucune trace de son père. C'est comme si son nom avait été rayé des cadres. Puis au départ des Français, il avait été pris en charge par une autre oeuvre tenue par des soeurs spécialisées dans les enfants naturels des militaires français. Une sorte de marraine de guerre qui avait perdu son fils sur la RC4 assura son logement et son éducation.


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