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Guy Vaes, romancier : l'effroi et l'extase

Couverture du livre Guy Vaes, romancier : l'effroi et l'extase

Auteur : André Sempoux

Date de saisie : 19/02/2007

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : L. Wilquin, Avin, Belgique

Collection : L'oeuvre en lumière

Prix : 22.00 € / 144.31 F

ISBN : 2-88253-296-2

GENCOD : 9782882532961

Sorti le : 22/01/2007

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  • La dédicace de l'auteur

J'ai voulu dégager, par le moyen d'une méthode et d'un langage critiques clairs, une ligne interprétative fidèle à la réalité complexe de cinq romans magiques.
Dans Octobre long dimanche (1956) un jeune homme qui croit pouvoir prendre possession de son héritage se trouve confondu avec le jardinier du domaine, peut-être assassiné, dont les souvenirs se substituent aux siens.
On découvre, quatre ans après sa chute du haut d'une falaise, l'esthète de L'Envers (1983) réduit à «une forme en mie de pain où scintillent des cristaux et des algues», mais qui respire. Avant de mourir une seconde fois ce lazaréen délivre un message sur la vraie nature de Dieu. Quant aux Agaméens des Stratèges (2002), dont les ancêtres furent victimes d'atrocités, ils ne vivent plus que pour exécuter une pantomime disant au Créateur leur refus de l'Histoire.
L'Usurpateur (1994) et Les Apparences (2001) racontent les enquêtes menées par deux êtres demeurés immatures : Hans, sur un forfait commis dans son adolescence et dont la guerre commençante a effacé les traces, Vincent, sur la réalité d'une femme qui, diluée dans un milieu riche où «personne n'est quelqu'un», lui échappera toujours.
J'espère avoir montré que l'une des écritures françaises les plus personnelles des soixante dernières années, celle de l'Anversois Guy Vaes, a donné incarnation à ce thème fascinant : la terreur de ne pas être soi.

André Sempoux



  • La présentation de l'éditeur

Guy Vaes, membre de l'Académie royale de langue et de littérature françaises de Belgique et maître du «réalisme magique», est Fauteur d'un corpus romanesque aussi rare qu'exigeant : cinq romans, du mythique Octobre, long dimanche (1956) - célébré en son temps par Pascal Pia, Georges Piroué, Julio Cortazar,... - aux Stratèges (2002) en passant par L'Envers (Prix Rossel 1983), L'Usurpateur (1994) et Les Apparences (2001).
Guy Vaes, l'effroi et l'extase, le premier essai d'ensemble qui leur soit consacré, en propose, dans un langage critique clair, une ligne interprétative tenant compte du reste de l'oeuvre, dont cinq «introuvables» ici republiés.

Lui-même poète, romancier et nouvelliste exigeant, André Sempoux offre une lecture limpide et éclairante de l'oeuvre romanesque de Guy Vaes.





  • Les premières lignes

OCTOBRE LONG DIMANCHE

On ne choisit pas. Guy Vaes aurait aimé s'embarquer pour Londres en mai 40, au lieu de revenir d'exode avec la famille. Mais que pouvait un garçon de treize ans, sinon dessiner - il en avait déjà le talent - et s'enchanter de science-fiction ? Pendant l'occupation, vécue à Anvers, la ville de toujours, avec la seule consolation de la littérature, surtout anglo-saxonne, et de la bande dessinée, qu'il pratique lui-même, son père meurt. Un écrivain, un homme dont l'existence se confond, a dit Guy Vaes, avec une recherche intérieure et «traduit la révolte muette d'un individu contre n'importe quel engrenage».
Après la guerre, Vaes travaille au quotidien Le matin. Il passera plus tard à La Métropole, à Spécial et à L'Eventail, pour quitter le journalisme culturel - surtout cinématographique - en 1985, «au comble de la joie». En 1946, son amour du jazz lui inspire L'homme qui jouait les blues, une nouvelle aux images déjà très personnelles. Il écrit aussi des poèmes. Ce qui m'appartient paraît en 1952. On y lit le vers : «La pierre qui a passé l'âge de mourir», annonciateur d'un passage d'Octobre. L'Acrobate. accessible aujourd'hui grâce à l'anthologie Baronian reçoit bon accueil en mars 1955 dans la revue française Roman; c'est l'un des chefs-d'oeuvre du conte fantastique, et l'auteur n'a que vingt-huit ans. Octobre long dimanche va bientôt susciter l'admiration de Pascal Pia, pour ne citer provisoirement que ce grand critique. L'homme qui ne se voyait pas d'avenir a devant lui la nécessité d'une oeuvre.


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