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J'ai vu les muses

Couverture du livre J'ai vu les muses

Auteur : Leonardo Sinisgalli

Préface : Jean-Yves Masson

Traducteur : Jean-Yves Masson

Date de saisie : 02/02/2007

Genre : Poésie

Editeur : Arfuyen, Paris, France

Collection : Neige, n° 16

Prix : 19.00 € / 124.63 F

GENCOD : 9782845900974

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  • La présentation de l'éditeur

Publié en 1943 chez Mondadori, J'ai vu les Muses a imposé Leonardo Sinisgalli (1908-1981) comme l'un des grands poètes italiens de l'après-guerre.
L'été 1935, Sinisgalli retourne dans sa terre natale, cette Lucanie - appelée aujourd'hui Basilicate - qui fut la patrie d'Horace. L'automne venu, «quasi décidé à ne plus retourner en ville», il compose les 18 poésies qui formeront le coeur de son recueil. Il y trouve soudain son ton véritable, détaché des influences d'Ungaretti et de Quasimodo, perceptibles dans ses premiers poèmes. Une personnalité se dessine, en marge de l'«hermétisme» naissant auquel il lui arrivera - notamment à Montale - de reprocher une excessive obscurité. La réflexion sur les convergences entre poésie et sciences, la méditation des conséquences pour l'homme des progrès de la technique, une vive attention aux arts plastiques - lui-même dessine et peint -constitueront les axes majeurs d'une pensée inlassablement tournée vers le présent, mais revenant toujours à ses grandes références : Léonard de Vinci, Descartes, Pascal.
Rétif à toute pose esthétique, Sinisgalli met en oeuvre une poétique de la confidence, solidaire d'une éthique de la confiance et du partage. Privilégiant les rythmes brefs et impairs, les textes de J'ai vu les Muses affirment les traits majeurs qui caractériseront cette poésie : le refus de l'éloquence, le goût du détail incongru, l'éloge des choses de la vie quotidienne. Rarement poésie aura su faire voir avec autant de justesse et de tendre ironie un monde saisi dans son essentielle fragilité.
«J'ai vu les Muses» : cette affirmation, qui peut sembler orgueilleuse, il faut l'entendre comme portée par un souffle ténu et aussitôt mise à distance par un sourire gentiment moqueur, car les Muses ne sont ici que de vieilles créatures au statut indéfini qui «jacassent» dans un arbre... Dans sa subtilité, son humour et sa discrétion revendiquée, l'oeuvre de Sinisgalli nous apparaît aujourd'hui comme l'une des plus puissamment personnelles de ce temps.




  • Les premières lignes

Extrait de la présentation :

Paru chez Mondadori en 1943, réédité dès 1945, J'ai vu les Muses est le livre qui a imposé le nom de Leonardo Sinisgalli sur la scène littéraire italienne de l'immédiat après-guerre comme celui d'un poète de premier plan. Œuvre d'un auteur de trente-cinq ans, cet ouvrage n'était pas un commencement mais un aboutissement : il marquait le début des années de maturité de Sinisgalli en donnant une forme définitive à la production poétique de onze années d'écriture (les poèmes les plus anciens du livre remontant à 1932). Le poète laissait délibérément de côté son premier recueil, Cuore (Coeur) paru à compte d'auteur en 1928, trop marqué à ses yeux par l'influence des «crépusculaires» de la fin du siècle précédent.

J'ai vu les Muses se compose de trois grandes parties dont seule la dernière, Le Chasseur indifférent, était inédite en 1943 ; les deux autres étaient la reprise de publications antérieures, avec des remaniements plus ou moins importants.

La première s'intitule Verdesca, et ce titre, énigmatique pour les premiers lecteurs, l'est encore pour qui ne connaît pas l'oeuvre en prose de Sinisgalli : il s'agit d'un nom propre, celui d'un lieu-dit de son pays natal - et pour le savoir, il faut se reporter aux textes autobiographiques (publiés, il est vrai, dès 1945, en même temps que la seconde édition de J'ai vu les Muses). Verdesca reprend, avec des modifications, un volume intitulé Poésies paru en 1938 à Venise, qui lui-même rassemblait de nombreux textes dispersés dans des revues, et incluait surtout une plaquette éditée à tirage limité chez Scheiwiller en 1936, modestement intitulée 18 poésies, qui avait été déjà très remarquée par la critique.


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