Auteur : Pierre Lunel
Date de saisie : 02/02/2007
Genre : Documents Essais d'actualité
Editeur : A. Carrière, Paris, France
Collection : Essai
Prix : 18.00 € / 118.07 F
GENCOD : 9782843374296
Un coup de gueule empreint de beaucoup de tendresse... 1 400000 jeunes gens en France, la formation des futurs cadres de la nation et un incroyable gâchis ! Grèves à répétition, mouvement anti-CPE, port du voile, baisse du niveau général, orientation en dépit du bon sens, diplômes dévalués... Est-ce vraiment le «grand merdier» dénoncé par tous les observateurs ? On serait tenté de le penser. L'université n'est-elle pas envahie par des étudiants de plus en plus nombreux, avec en poche un bac au rabais, qui se sont inscrits en fac sans véritable projet de vie ?
Pierre Lunel nous plonge dans ses coulisses, loue les qualités de cette vieille dame fragile, épingle ses défauts et décrit avec clairvoyance ses vices et ses petites magouilles. Dans un portrait de famille impitoyable, et un style coloré et plein d'humour, il nous raconte les joies, les peines et les colères des étudiants, les paresses et les idéaux des enseignants, les manquements et la générosité des personnels administratifs.
Au fil des pages, il dresse l'ordonnance qui devrait permettre de sortir la malade d'un coma programmé. Pour cela, l'Université doit cesser d'être la chose des professionnels du système et redevenir l'affaire de tous les Français. Elle doit consentir à la jeunesse un nouveau rêve et passer avec elle un nouveau contrat.
Agrégé de droit romain, l'auteur a quitté ses fonctions de président de l'université Paris 8 le 30 octobre 2006. Il est aussi l'auteur d'une quinzaine de romans et de biographies.
Extrait de l'avant-propos :
Qu'est-ce qu'un président d'université ? Il s'agit pour certains de l'aboutissement d'une carrière. Ceux-là ont été successivement doyens, directeurs, élus dans les conseils centraux, vice-présidents, et ils suivent ainsi un chemin dont ils ont franchi une à une les étapes : cursus honorum dont le sommet est la fonction de président. Loin de moi l'idée de jeter la pierre à ce type de parcours, chacun voit midi à sa porte ! Mais comme dans le cas de toute longue carrière, y compris politique, se donner d'une façon trop entière et trop suivie à l'administration et à la gestion de ces institutions complexes que sont les universités risque d'ôter de la fraîcheur, de l'étonnement, de l'envie, et surtout de couper progressivement de la vie réelle. Sans compter qu'il n'est pas du tout bon de trop s'habituer aux honneurs. On en prend de sérieuses manies, le goût de la voiture de fonction, du chauffeur, des compliments. Pour moi, il ne s'agissait pas de l'aboutissement d'une carrière, mais véritablement d'une mission. Je n'imaginais pas du tout que j'allais m'embarquer dans un tel projet. Cela m'est tout simplement tombé dessus.
Ce fait, d'ailleurs, n'étonnera personne qui me connaît car tout m'est toujours tombé dessus. La seule exception peut-être reste mon agrégation de droit. Je l'ai vraiment voulue, et l'ai passée trois fois, pour faire plaisir à mon papa et à ma maman. Mais pour le reste...
J'ai débarqué à Paris en 1981, au moment de l'arrivée de Mitterrand au pouvoir. J'occupais alors un poste de maître de conférences à Paris 12, et un jour l'une de mes amies, professeur là-bas, me proposa de l'accompagner à la Maison de la chimie, si mes souvenirs sont bons :
- Il y a une conférence donnée conjointement par les deux Faure : Edgar et Maurice, m'informa-t-elle.
- J'irai avec plaisir, répondis-je avec enthousiasme.
J'y ai donc assisté, et elle m'a présenté à Edgar Faure, qui m'a invité à un dîner le lendemain, chez une autre de ses amies.
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