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Inversion

Couverture du livre Inversion

Auteur : Brian Evenson

Traducteur : Julie et Jean-René Etienne

Date de saisie : 12/04/2007

Genre : Policiers

Editeur : le Cherche Midi, Paris, France

Collection : Lot 49

Prix : 17.00 € / 111.51 F

GENCOD : 9782749108391

Sorti le : 04/01/2007

en vente sur logo Alapage.com


  • La présentation de l'éditeur

Rudd, un lycéen dont le père s'est suicidé, découvre une série d'articles datant du début du XXe siècle, qui font état d'un meurtre horrible commis par le petit-fils de Brigham Young, l'un des premiers chefs de l'église mormone. Se penchant sur la mystérieuse doctrine de l'expiation par le sang, un rituel qui semble à l'origine de ce meurtre, Rudd, avec l'aide de son étrange demi-frère Lael, décide d'en savoir plus et s'enfonce dans un passé de plus en plus trouble. Tout, dès lors, bascule très vite...
Rudd est retrouvé un jour inconscient sur la scène d'un autre crime sanglant, qui présente certaines ressemblances avec celui perpétré autrefois par le jeune Young. La fille d'une des victimes, Lyndi, tente de l'aider à reconstituer ce qui s'est passé. Mais Rudd semble déjà être de l'autre côté du rideau obscur... Le cauchemar ne fait que commencer.
Arpentant un univers proche de ceux de Lynch et Cronenberg, Brian Evenson poursuit, après les nouvelles de Contagion, son exploration méthodique d'un monde crépusculaire. Inversion est son premier roman publié en France.

A propos de Contagion :

Une oeuvre qui hante le lecteur bien après qu'il a fini d'en tourner les pages, comme un écrit ancien ou un crime.
Rick Moody

Une terrible puissance.
Raphaëlle Rérolle, Le Monde

Brian Evenson hisse son art à des sommets dignes de Jérôme Bosch ou Edward Munch.
Technikart




  • La revue de presse Claire Julliard - Le Nouvel Observateur du 12 avril 2007

Son livre traite de la violence fondatrice, ce ressort caché de toute communauté humaine. Le récit doit aussi à son propre cheminement. Lorsqu'il l'a commencé, Brian Evenson était prêtre mormon. Après l'avoir terminé, il a sollicité son excommunication. L'inquiétant climat dans lequel baigne le roman exprime ainsi la brutalité de la rupture avec la culture dans laquelle il a été élevé. Brian Evenson convoque son lecteur à une étrange cérémonie, une expérience inédite, l'initiation à des états modifiés de la conscience. On en ressort sidéré mais admiratif.


  • La revue de presse Nils C. Ahl - Le Monde du 23 février 2007

Il ne se passe rien et pourtant quelque chose. Il faut se méfier des premières impressions, surtout quand il s'agit de Brian Evenson. A priori, Inversion, le premier roman traduit de cet écrivain américain né en 1966, ancien membre de l'Eglise mormone, s'ouvre sur une scène romanesque classique et efficace, la découverte par un jeune homme d'un secret de famille...
Poète aux mains trompeuses, Brian Evenson s'amuse d'une installation bien coupée. En quelques pages saccadées, en quelques chapitres sans presque rien et pourtant hors d'haleine, la narration glisse dans l'abîme. Et nous avec...
Le style d'Evenson, découvert dans un recueil de nouvelles précédemment traduit, Contagion, trouve là sa plus parfaite application, dans des pages délicieuses d'ignominies et de banalités patientes, absurdes et métaphysiques. Parfois considéré comme un écrivain de romans d'horreur, Brian Evenson ne s'y aventure que pour mieux rejoindre Kafka ou Poe - avec une pointe de Ballard et un zeste de Stephen King.



  • Les premières lignes

Rudd trouva les lettres un samedi de bon matin parmi les affaires mortes de son père mort : cinq cartons croulants dont sa mère menaçait régulièrement de se débarrasser. Il était descendu à la cave pour autre chose, mais quand sa main eut fini sa course sur le ciment tavelé de l'escalier, il avait oublié quoi. Immobile, il scruta les lieux et repéra, à côté de la chaudière, les cartons. Avant d'avoir compris ce qu'il faisait, il avait ouvert le premier.
La boîte était remplie de vêtements couchés dans le fin plastique du pressing - des habits qu'il ne se rappelait pas avoir vus à son père. Il sortit trois chemises blanches repassées et aplaties avec soin, un gilet, une cravate pliée en deux et couchée bien à plat dans la diagonale du carton. Deux pantalons à pli marqué, un chandail en laine, une ceinture noire roulée serré.
Dessous, il trouva une carte routière de 1954, les Etats de l'Ouest, de l'Idaho à la frontière du Mexique, fixée au fond par une bande adhésive jaunie qui s'effritait. On avait tracé un itinéraire en rouge, du sud de l'Utah jusqu'au Mexique. Otant le scotch, il détacha la carte pour l'observer de plus près.
Il l'étudiait depuis un moment quand il remarqua les enveloppes qu'elle dissimulait. Il y en avait trois : deux, ouvertes au couteau, adressées à son père par «A. Korth», la dernière, de son père à une Miss Anne Korth, avec cachet de la poste et tampon «Retour à l'envoyeur», intacte.
Il écarta les bords tranchés de l'une, retira la lettre, une seule feuille de papier. Elle était abîmée le long des pliures ; il l'ouvrit lentement, lissant chaque pli avec le pouce.
L'écriture était toute en boucles, difficile à déchiffrer, penchée un peu vers la droite et tombante, l'encre tellement passée qu'on lisait à peine.


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