Auteur : Aurore Evain | Perry Gethner | Henriette Goldwyn
Date de saisie : 26/01/2007
Genre : Théâtre
Editeur : Publications de l'Université de Saint-Etienne, Saint-Etienne, France
Collection : La cité des dames, n° 5
Prix : 10.00 € / 65.60 F
GENCOD : 9782862724249
Sorti le : 11/01/2007
Théâtre de femmes de l'Ancien Régime. XVIe siècle.
Direction : Aurore Evain, Perry Gethner, Henriette Goldwyn.
Le théâtre des femmes a une longue tradition qui remonte à la Renaissance et qui s'est développée dans de multiples genres, en remportant souvent beaucoup de succès. C'est à sa rencontre qu'invite cette anthologie, en commençant par les premières grandes autrices françaises connues : la reine Marguerite de Navarre, la poétesse lyonnaise Louise Labé et l'animatrice d'un célèbre salon poitevin, Catherine Des Roches.
Leurs oeuvres nous entraînent dans l'étonnant théâtre du XVIe siècle, alors en pleine effervescence et mutation. La soeur de François Ier se lança la première sur ce terrain traditionnellement si masculin; sensible aux idées de la Réforme, favorable à la liberté de conscience, elle composa des pièces aussi originales qu'audacieuses. La savante Louise Labé s'inscrivit pour sa part dans le débat des humanistes sur le théâtre antique, les genres italiens «modernes» et les philosophies dans l'air du temps ; son impertinente comédie-débat devait avoir une longue postérité. Catherine Des Roches, enfin, s'exprima dans la pastorale, la tragi-comédie, les dialogues dramatiques... Illustrant l'inventivité, la richesse et la variété du théâtre qui précède celui de «l'âge classique», ces trois pionnières se rejoignaient en outre dans leur volonté de faire entendre la voix des femmes. Ce n'est pas le moindre des intérêts qu'on trouve aujourd'hui à les lire - ou à les jouer.
A. Evain est comédienne et prépare une thèse sur les autrices de théâtre de l'Ancien Régime; P. Gethner, professeur à Oklahoma State University, a publié la première anthologie consacrée aux femmes dramaturges françaises de cette époque; H. Goldwyn, professeure à New York University, a consacré plusieurs études à celles du XVII' siècle.
Extrait de l'introduction de Aurore Evain :
Depuis quelques années, les femmes dramaturges sont devenues des figures familières de la scène contemporaine française. Les pièces de Marguerite Duras, Nathalie Sarraute, Catherine Anne, Yasmina Reza, Hélène Cixous... remplissent régulièrement les salles. Aux yeux du public, ces femmes sont parmi les premières à réussir dans un genre où, jusqu'alors, seuls des hommes avaient triomphé. Pourtant, la réalité est tout autre, et la participation des femmes à l'écriture dramatique est au moins aussi ancienne que l'origine du théâtre européen... En témoigne, pour la période moderne, le Théâtre des femmes en cinq volumes que projetait de publier, peu avant la Révolution française, Louis-Edmé Billardon de Sauvigny (1736-1812). Loin de se limiter à la production française, cette anthologie devait rassembler des pièces écrites par des autrices de différents pays. Quatre volumes parurent en 1777. Deux étaient consacrés au Théâtre des Femmes Anglaises, un au Théâtre des femmes Allemandes et Danoises, un autre constituait le premier de deux tomes dédiés au Théâtre des Femmes Françoises; il regroupait les premières pièces d'une «jeune dame» dont l'identité n'était pas révélée (il s'agissait de Mme de Genlis, dont les pièces allaient lui valoir tous les éloges). Quant au second tome, qui devait contenir «les notices de toutes les Femmes Françoises qui ont fait des Pièces de Théâtre; l'analyse de leurs meilleures Tragédies, Comédies, etc. & leurs plus jolies productions en Vers», il ne fut jamais publié. Cette soudaine interruption, comme le sort réservé à Mme de Genlis dans le quatrième volume, ont grandement à voir avec notre méconnaissance actuelle. De fait, le projet avorté de Billardon de Sauvigny éclaire à lui seul l'état de la réception des autrices de théâtre françaises sous l'Ancien Régime. Depuis longtemps déjà, elles étaient victimes de commentaires malveillants, de désattributions de leurs oeuvres, d'effacement de leur contribution par le biais de l'anonymat; de plus en plus, aussi, elles étaient confinées dans des genres dits «féminins», rejetées de la scène professionnelle par des troupes souvent hostiles, oubliées par les Histoires du théâtre. Et depuis cette époque, enfin, personne en France n'a cru bon de reprendre l'entreprise où Billardon de Sauvigny l'avait laissée...
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