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Petit-Pierre, galoupiot des marais

Couverture du livre Petit-Pierre, galoupiot des marais

Auteur : Jacqueline Leprettre

Date de saisie : 25/01/2007

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : C. Corlet, Condé-sur-Noireau, France

Collection : Terroir normand

Prix : 14.50 € / 95.11 F

GENCOD : 9782847062366

Sorti le : 02/12/2006

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  • La présentation de l'éditeur

1818 : Dans un petit village aux abords de Carentan, Petit-Pierre a fait des marais son terrain de jeux favori. Chaque soir après l'école et malgré les interdits de sa mère Justine, il disparait pour battre la campagne et ne revient qu'à la tombée de la nuit...
Mais ses escapades vont rapidement le plonger dans un mystère bien trop compliqué pour un jeune galoupiot ! Qui donc se cache dans le manoir de Monsieur le Comte ? Quel est le secret du terrifiant géant des marais ? Pourquoi Louise, la jolie dentellière, est-elle si triste ? Le fils de la guérisseuse ne sait plus comment résoudre toutes ces énigmes qui s'entremêlent.

Au coeur des fêtes, des traditions et des travaux saisonniers, Justine et les siens nous entraînent, le temps d'un hiver, dans une aventure peuplée de surprises et d'émotions.

Par l'auteur de La Fuite en sabots, Ed. Charles Corlet, 2005.




  • Les premières lignes

Septembre 1818

La nuit allait bientôt prendre possession de la campagne cotentinoise. Au bord du ruisseau, Petit-Pierre ne s'en préoccupait pas encore. Il avait posé son sabot sur l'eau et le laissait filer au gré du courant. L'enfant le suivait à cloche-pied depuis la rive. Il prenait soin de saisir son bateau improvisé avant que ce dernier ne gagne le milieu du douet. Le jeu commençait à le lasser. Il allait l'abandonner quand il aperçut une branche fine d'osier qui caressait l'eau, plongeait et se redressait sous le souffle de la légère brise qui s'était levée avec le soir. La tige était souple, Petit-Pierre la tortilla dans tous les sens pour réussir à la rompre. Elle lui servit de gouvernail pour son petit navire ; il faisait tourbillonner ce dernier entre les herbes du ruisseau.
Là-haut, dans le ciel, la lune très pâle jusqu'ici, prit une couleur dorée et comme une crêpe qui s'élance hors d'une poêle pour retomber ensuite, elle parut s'aplatir sur l'eau frémissante où elle ressembla à une galette ratée. Le petit garçon s'aperçut alors que les buissons autour de lui n'étaient plus que des masses noires et que les arbres en tendant leurs branches devenaient des monstres aux bras menaçants. L'ombre de la nuit se glissait partout, effaçant peu à peu toutes les couleurs rassurantes du jour. Cette fois, le jeu était fini.
«Faut que j'rentre, marmonna l'enfant, sinon Mère sera fâchée encore une fois et le Père va m'envoyer une chatourne !». La mère c'était Justine, la guérisseuse du petit village perdu dans les marais. Elle était aussi la maîtresse d'école et la confidente de tous les villageois. Elle avait tout essayé pour garder son galoupiot à la maison. Petit-Pierre disparaissait dès la fin de la classe du soir et ne revenait qu'à la tombée de la nuit. Justine, trop occupée par ses malades, n'avait pas le temps de le retenir. A son retour il était puni, privé de veillée en famille, envoyé au lit le ventre vide. Etienne, son père, était souvent absent. Il se louait dans les fermes et ne revenait pas tous les soirs. Mais, lorsqu'il était à la maison, il menaçait son fils de lui caresser le bas du dos avec le fouet du cheval. C'était peine perdue, l'enfant ivre de liberté et de grand air disparaissait à nouveau le soir suivant.


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